Votre enfant arrive. Vous savez que vous avez droit à un congé paternité, mais vous ne savez pas exactement combien de jours vous pouvez prendre, ce que vous allez toucher, ni ce que vous devez faire pour que ça se passe sans accroc. Ce simulateur calcule vos indemnités journalières à partir de votre salaire, et ce guide vous explique tout le reste.
25 jours, pas 11 : ce qui a changé depuis 2021
Beaucoup de pères croient encore que le congé paternité dure 11 jours. C'était vrai avant juillet 2021. Depuis cette date, la durée a plus que doublé : elle est de 25 jours calendaires pour une naissance simple, et de 32 jours pour des naissances multiples. Ces jours s'ajoutent aux 3 jours de congé de naissance payés par l'employeur, ce qui porte l'absence totale à 28 jours pour un enfant unique.
Ces 25 jours se divisent en deux périodes bien distinctes, avec des règles différentes pour chacune.
La première période, de 4 jours calendaires, est obligatoire. Elle doit être prise immédiatement après les 3 jours de congé de naissance. Concrètement, dès la naissance de l'enfant, vous prenez 3 jours payés par l'employeur, puis 4 jours de congé paternité enchaînés. Ce bloc de 7 jours consécutifs (3 + 4) ne peut pas être reporté ni fractionné. L'employeur ne peut pas vous demander de revenir au travail pendant cette période.
La deuxième période, de 21 jours calendaires (28 pour des jumeaux), est flexible. Elle peut être prise en une seule fois ou fractionnée en deux périodes, chacune d'au moins 5 jours consécutifs. Elle doit être utilisée dans les 6 mois qui suivent la naissance. C'est vous qui choisissez le moment, en informant votre employeur au moins un mois à l'avance.
Comment sont calculées les indemnités journalières ?
Pendant le congé paternité, votre contrat de travail est suspendu. Votre employeur ne vous verse plus votre salaire — c'est la CPAM (Caisse Primaire d'Assurance Maladie) qui prend le relais avec des indemnités journalières. Voici exactement comment elles sont calculées.
La base de calcul est votre salaire brut des 3 derniers mois précédant le congé, plafonné au plafond mensuel de la Sécurité sociale (4 005 euros en 2026). Si vous gagnez plus, seuls 4 005 euros par mois sont retenus. On divise ensuite ce total par 91,25 (soit 3 mois × 30,42 jours) pour obtenir le salaire journalier de référence.
Salaire journalier = (Salaire brut mensuel × 3) / 91,25
Indemnité journalière = Salaire journalier × 0,79
L'abattement de 21% représente une estimation forfaitaire des cotisations salariales. Le résultat est ensuite encadré par deux bornes : le plancher est de 11,12 euros par jour, le plafond de 104,02 euros par jour en 2026.
Exemple concret : vous gagnez 2 500 euros brut par mois. Salaire journalier = (2 500 × 3) / 91,25 = 82,19 euros. Après abattement : 82,19 × 0,79 = 64,93 euros par jour. Vous touchez 64,93 euros par jour pendant les 22 jours indemnisés (les 3 jours de congé naissance sont à la charge de l'employeur), soit environ 1 428 euros au total.
Pour les travailleurs indépendants, artisans, commerçants et professions libérales non réglementées, l'indemnité est forfaitaire : 65,84 euros par jour en 2026, quel que soit le revenu.
Les démarches concrètes pour ne rien rater
Le congé paternité ne se déclanche pas automatiquement. Il faut faire les bons gestes dans les bons délais, côté employeur et côté CPAM.
Du côté de votre employeur, vous devez le prévenir au moins un mois avant la date de début du congé. En pratique, si la naissance est prévue le 15 du mois, prévenez votre employeur avant le 15 du mois précédent. Pour la période obligatoire de 4 jours qui suit immédiatement le congé de naissance, le délai d'un mois est difficile à respecter si l'enfant naît à la date prévue ou avant. L'usage est de déclarer le congé de naissance dès que possible et d'enchaîner sur les 4 jours sans formalité supplémentaire.
Du côté de la CPAM, votre employeur établit une attestation de salaire et la transmet directement. Vous n'avez pas à contacter la CPAM vous-même si votre employeur joue le jeu. Les indemnités sont versées tous les 14 jours, directement sur votre compte ou sur celui de l'employeur si celui-ci a mis en place la subrogation (il vous verse votre salaire habituel et se fait rembourser par la CPAM).
Les documents à avoir sous la main : l'acte de naissance de l'enfant (à transmettre dès que vous l'avez), une déclaration sur l'honneur indiquant que vous cessez toute activité pendant le congé, et votre RIB si les indemnités sont versées directement par la CPAM.
Le nouveau congé supplémentaire de naissance : ce qui change à partir du 1er juillet 2026
La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a créé un nouveau dispositif qui s'ajoute au congé paternité classique : le congé supplémentaire de naissance. Il est accessible à chaque parent d'un enfant né à partir du 1er janvier 2026, mais ne peut être effectivement pris qu'à compter du 1er juillet 2026.
Chaque parent peut prendre 1 ou 2 mois supplémentaires après avoir épuisé ses droits au congé paternité (ou maternité). Les deux parents peuvent prendre ce congé simultanément ou en alternance, selon leur organisation. Le congé peut être pris en une seule fois ou fractionné en deux périodes d'un mois.
L'indemnisation est dégressive : 70% du salaire net le premier mois, 60% le second mois, dans la limite du plafond de la Sécurité sociale (4 005 euros par mois). Pour un salarié qui gagne 2 500 euros nets, le premier mois de congé supplémentaire lui rapporte environ 1 750 euros, le second environ 1 500 euros.
Pour les enfants nés entre le 1er janvier et le 30 juin 2026, ce congé peut être pris à partir du 1er juillet 2026 et jusqu'au 31 mars 2027. Pour les enfants nés à partir du 1er juillet 2026, il doit être pris dans les 9 mois suivant la naissance.
Questions fréquentes
L'employeur peut-il refuser le congé paternité ?
Non. Le congé paternité est un droit légal. L'employeur ne peut pas s'y opposer dès lors que les conditions sont remplies et que le délai de prévenance d'un mois a été respecté. Il ne peut pas non plus licencier un salarié pendant son congé paternité, sauf faute grave. À l'issue du congé, le salarié doit retrouver son poste ou un poste équivalent avec une rémunération au moins identique.
Peut-on prendre le congé paternité si l'on est en CDD ou en intérim ?
Oui. Le droit au congé paternité s'applique aux salariés en CDI, CDD, et aux travailleurs intérimaires, sous réserve de remplir les conditions d'affiliation à l'Assurance Maladie. La condition principale est d'avoir cotisé suffisamment dans les mois précédant la naissance. Un salarié en CDD qui termine son contrat avant d'avoir pris tout son congé paternité peut tout de même percevoir les indemnités journalières pendant la durée restante, à condition de ne pas avoir repris une activité.
Que se passe-t-il si l'enfant est hospitalisé à la naissance ?
Si l'enfant est hospitalisé immédiatement après la naissance, le délai de 6 mois dans lequel doit être pris la deuxième période du congé paternité est suspendu pendant la durée de l'hospitalisation. Le congé peut être reporté d'autant, dans la limite de 30 semaines après la naissance. Le père peut également bénéficier d'un congé d'hospitalisation spécifique si l'enfant est hospitalisé dans les 30 jours suivant la naissance.
Les primes et variables sont-ils pris en compte dans le calcul des indemnités ?
Cela dépend de leur nature. Les primes versées chaque mois (prime de panier, prime d'ancienneté mensuelle) entrent dans la base de calcul. Les primes versées annuellement ou trimestriellement (treizième mois, prime de résultats) sont généralement exclues du calcul du salaire journalier de référence. Seuls les éléments de rémunération soumis à cotisations sociales et versés de façon régulière mensuelle sont retenus.
Mon employeur peut-il maintenir mon salaire intégral pendant le congé paternité ?
Oui, et c'est même fréquent dans de nombreuses conventions collectives. Si la convention collective de votre branche ou votre contrat de travail prévoit un maintien de salaire intégral, votre employeur vous verse la différence entre vos indemnités journalières et votre salaire habituel. Il récupère ensuite les indemnités CPAM directement si la subrogation est mise en place. Dans ce cas, vous ne ressentez aucune baisse de revenu pendant votre congé.

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