Calculatrice de seuil de rentabilité : point mort, marge de sécurité et résultat prévisionnel

Deux modes disponibles : calculez le seuil de rentabilité à partir du prix de vente et du coût variable unitaire, ou directement à partir du taux de marge sur coûts variables et du chiffre d’affaires prévisionnel. La date d’atteinte du point mort dans l’année s’affiche automatiquement.

Calculatrice de seuil de rentabilité (point mort)
Matières premières, sous-traitance, emballages…
Loyer, salaires fixes, assurances, abonnements, amortissements…
Pour calculer le résultat prévisionnel et la marge de sécurité
TMCV = (PV – CV) / PV × 100. Indique quelle part du CA couvre les charges fixes.
Seuil de rentabilité (point mort)
euros de CA

Marge sur coûts variables
euros/unité
Marge de sécurité
euros
Résultat prévisionnel
euros
Point mort en jours (date atteinte)
jour de l’année où le seuil est atteint (activité régulière)

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Ce que mesure vraiment le seuil de rentabilité

Le seuil de rentabilité (ou point mort) est le niveau de chiffre d'affaires à partir duquel l'entreprise commence à dégager un bénéfice. En dessous, chaque euro de CA supplémentaire réduit les pertes. Au-dessus, chaque euro de CA supplémentaire génère du profit. C'est l'indicateur central de tout business plan, et le premier chiffre que regardent les banquiers et les investisseurs.

Seuil de rentabilité = Charges fixes / Taux de marge sur coûts variables

Pour comprendre cette formule, il faut distinguer deux types de charges. Les charges variables évoluent proportionnellement au volume d'activité : les matières premières, les marchandises revendues, la sous-traitance directement liée aux ventes, les commissions sur ventes. Elles sont nulles si l'activité est nulle. Les charges fixes restent constantes quel que soit le niveau d'activité dans une certaine plage : le loyer, les salaires fixes, les assurances, les abonnements, les amortissements. Elles sont dues même si l'entreprise ne vend rien.

La marge sur coûts variables : le moteur du seuil

La marge sur coûts variables (MCV) est la différence entre le prix de vente et les coûts variables. C'est la contribution de chaque unité vendue à la couverture des charges fixes. Plus elle est élevée, moins il faut vendre pour atteindre le point mort.

Le taux de marge sur coûts variables (TMCV) exprime cette marge en pourcentage du prix de vente. Il indique quelle part de chaque euro de chiffre d'affaires reste disponible pour couvrir les charges fixes, puis pour générer du profit.

SecteurTMCV typiqueInterprétation
Commerce de détail alimentaire20 à 35%Marges faibles, fort volume nécessaire
Restauration (coût matière)65 à 75%Fort TMCV sur les plats, mais charges fixes élevées
Conseil / services intellectuels80 à 95%Très peu de coûts variables directs
Industrie manufacturière30 à 50%Coûts de production importants
E-commerce25 à 45%Dépend du sourcing et de la logistique
Artisanat (main-d'oeuvre variable)40 à 60%Main-d'oeuvre souvent en variable
SaaS / logiciel70 à 85%Coûts d'hébergement faibles vs prix de vente

Exemple complet : une boulangerie qui calcule son point mort

Marie ouvre une boulangerie. Son prix de vente moyen par unité (baguette, viennoiserie, pâtisserie confondus) est de 2,80 euros. Son coût variable moyen par unité (farine, beurre, sucre, emballage, énergie variable) est de 0,95 euro. Sa MCV unitaire est donc de 1,85 euro. Son TMCV est de 1,85 / 2,80 × 100 = 66,07%.

Ses charges fixes annuelles : loyer 18 000 euros, salaires (y compris elle-même) 72 000 euros, assurances et abonnements 4 800 euros, amortissement four et matériel 6 000 euros. Total charges fixes : 100 800 euros.

Seuil de rentabilité = 100 800 / 0,6607 = 152 568 euros de CA. En nombre d'unités : 152 568 / 2,80 = 54 489 pièces. Si Marie vend en moyenne 200 pièces par jour, son point mort est atteint après 54 489 / 200 = 272 jours, soit vers fin septembre.

Si elle vend 250 pièces par jour (soit 91 250 pièces par an, CA = 255 500 euros), son résultat prévisionnel est : CA - charges variables - charges fixes = 255 500 - (91 250 × 0,95) - 100 800 = 255 500 - 86 687,50 - 100 800 = 68 012,50 euros. Sa marge de sécurité est de 255 500 - 152 568 = 102 932 euros, soit 40,3% de son CA. Elle peut perdre 40% de ses ventes avant de retomber dans la zone de perte.

Exemples chiffrés par type d'activité

ActivitéCharges fixes/anTMCVSeuil de rentabilitéPoint mort (si CA = 2× seuil)
Cabinet de conseil (1 consultant)30 000 euros88%34 090 euros~mi-février
Restaurant 30 couverts180 000 euros68%264 705 euros~mi-septembre
E-commerce mode60 000 euros38%157 894 euros~mi-juillet
Auto-école (15 véhicules)240 000 euros55%436 363 euros~mi-juillet
Micro-brasserie artisanale85 000 euros52%163 461 euros~mi-juillet

La marge de sécurité et l'indice de sécurité

La marge de sécurité est la différence entre le chiffre d'affaires réel ou prévisionnel et le seuil de rentabilité. Elle représente le "coussin" dont dispose l'entreprise avant de tomber dans la zone de perte. Plus elle est élevée, plus l'entreprise est résiliente face à une baisse d'activité.

Marge de sécurité = CA réel ou prévisionnel - Seuil de rentabilité
Indice de sécurité = Marge de sécurité / CA × 100

Un indice de sécurité de 30% signifie que l'entreprise peut perdre 30% de son chiffre d'affaires avant d'entrer dans la zone de perte. En dessous de 15-20%, l'entreprise est considérée comme fragile face à des aléas d'activité. Au-dessus de 40%, elle est en position confortable.

Indice de sécuritéInterprétationPosture recommandée
Moins de 10%Très fragileRéduire les charges fixes ou augmenter les prix
10 à 20%FragileSurveiller les coûts, diversifier les revenus
20 à 35%CorrectSituation saine, continuer à optimiser
35 à 50%BonMarge confortable pour investir
Plus de 50%Très bonPotentiel de croissance ou de réduction de prix

La date d'atteinte du point mort : un indicateur de gestion

Convertir le seuil de rentabilité en date calendaire est un outil de gestion très concret. Si une entreprise atteint son point mort en juillet, elle sait qu'elle travaille "pour elle-même" pendant les six premiers mois de l'année et génère du profit de juillet à décembre. Si elle l'atteint en novembre, chaque perturbation (congés de clients, arrêt de production) menace directement sa rentabilité annuelle.

Ce calcul suppose que le CA est réparti de façon régulière sur l'année. Pour les activités saisonnières, le calcul est plus complexe : une boutique de Noël qui réalise 60% de son CA en novembre-décembre a un point mort "réel" très différent du point mort calendaire calculé sur une répartition uniforme.

Ce que le seuil de rentabilité ne mesure pas

Le seuil de rentabilité est un outil puissant mais incomplet. Il mesure quand l'entreprise cesse de perdre de l'argent, pas quand elle génère assez de trésorerie pour rembourser ses dettes ou financer sa croissance. Une entreprise peut être au-dessus de son seuil de rentabilité comptable (résultat positif) tout en ayant des problèmes de trésorerie si ses délais de paiement clients sont longs.

Il ne tient pas non plus compte de la fiscalité. Un résultat prévisionnel de 50 000 euros générera un impôt sur les sociétés (IS) de 12 500 euros (à 25%), réduisant le bénéfice net à 37 500 euros. Pour les entrepreneurs individuels soumis à l'IR, l'impact fiscal dépend de leur tranche marginale d'imposition.

Enfin, la distinction entre charges fixes et charges variables n'est pas toujours tranchée. Certaines charges sont "semi-variables" : elles ont une partie fixe et une partie variable. La main-d'oeuvre peut être fixe (salariés permanents) ou variable (intérim, heures supplémentaires). Une analyse réaliste du seuil de rentabilité doit tenir compte de cette réalité, en particulier pour les activités dont les volumes peuvent varier fortement.

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