Vous approchez de la fin de votre carrière ? Estimez en quelques secondes le montant de votre indemnité de départ à la retraite selon votre ancienneté, votre salaire et le type de départ grâce à l’outil ci-dessous.
Qu’est-ce que l’indemnité de départ à la retraite ?
L’indemnité de départ à la retraite, parfois appelée « prime de fin de carrière », est une somme versée au salarié qui quitte définitivement l’entreprise pour faire valoir ses droits à la retraite. Elle récompense l’ancienneté et adoucit la transition vers la pension. Le Code du travail distingue deux situations très différentes qu’il ne faut pas confondre. Dans le départ volontaire à la retraite, c’est le salarié qui prend l’initiative de partir : il pose sa décision, respecte un préavis et perçoit une indemnité légale minimale à condition d’avoir au moins dix ans d’ancienneté. Dans la mise à la retraite, c’est l’employeur qui décide de rompre le contrat parce que le salarié a atteint l’âge requis (en principe 70 ans pour une mise à la retraite d’office) : l’indemnité y est nettement plus favorable, calquée sur celle du licenciement. Comprendre à laquelle des deux situations vous appartenez est l’étape indispensable avant tout calcul, car le barème, le montant et la fiscalité changent du tout au tout.
Comment calculer l’indemnité légale de départ à la retraite en 2026 ?
Le calcul repose sur deux éléments : votre salaire de référence et votre ancienneté dans l’entreprise. Le salaire de référence correspond au montant le plus avantageux entre la moyenne de vos douze derniers mois de salaire brut (primes comprises, calculées au prorata) et la moyenne de vos trois derniers mois. On applique ensuite à cette base un coefficient exprimé en mois de salaire, qui dépend du type de départ. Voici le barème légal du départ volontaire, fixé par l’article D1237-1 du Code du travail et inchangé pour 2026.
| Ancienneté dans l’entreprise | Indemnité légale (départ volontaire) |
|---|---|
| Moins de 10 ans | Aucune indemnité légale |
| De 10 à moins de 15 ans | 1/2 mois de salaire |
| De 15 à moins de 20 ans | 1 mois de salaire |
| De 20 à moins de 30 ans | 1,5 mois de salaire |
| 30 ans et plus | 2 mois de salaire |
Pour la mise à la retraite décidée par l’employeur, le montant ne peut pas être inférieur à l’indemnité légale de licenciement. Ce barème est bien plus généreux, puisqu’il s’accumule dès la première année et progresse avec chaque année supplémentaire. Il se lit de la façon suivante.
| Tranche d’ancienneté | Coefficient appliqué par année |
|---|---|
| Pour les 10 premières années | 1/4 de mois de salaire par année |
| Au-delà de 10 ans | 1/3 de mois de salaire par année |
| Exemple 20 ans | (10 × 1/4) + (10 × 1/3) = 5,83 mois |
Prenons un exemple concret pour un salarié rémunéré 2 500 € brut par mois. En cas de départ volontaire après 20 ans d’ancienneté, il touchera 1,5 mois, soit 3 750 € brut. En cas de mise à la retraite pour la même ancienneté, il percevra environ 5,83 mois, soit près de 14 580 € brut : la différence dépasse les 10 000 €. Cet écart illustre pourquoi il est essentiel d’identifier correctement votre situation avant de signer quoi que ce soit.
Salaire de référence : quelle base retenir ?
Le salaire de référence est la clé du calcul, et une erreur à ce niveau fausse tout le résultat. La règle protège le salarié : on retient toujours la formule la plus favorable entre la moyenne des douze derniers mois précédant le départ et la moyenne des trois derniers mois. Cette seconde option est intéressante pour ceux qui ont reçu une prime importante ou une augmentation récente. Les éléments à intégrer méritent d’être connus précisément.
- On retient le salaire brut, avant cotisations, et non le salaire net.
- Les primes et gratifications annuelles (13e mois, prime de vacances) sont réintégrées au prorata sur la période de référence.
- Les heures supplémentaires et majorations habituelles comptent dans la base.
- Les remboursements de frais professionnels et les sommes exceptionnelles non liées au travail sont exclus.
- En cas de temps partiel en fin de carrière, on reconstitue une base cohérente sur la durée travaillée.
Votre convention collective peut prévoir un mode de calcul plus avantageux : de nombreuses branches (métallurgie, banque, BTP, Syntec) accordent des indemnités supérieures au minimum légal. Vérifiez toujours votre convention avant de valider un montant, car l’employeur doit appliquer la formule la plus favorable au salarié. Pour comparer avec d’autres fins de contrat, notre calculatrice d’indemnités de licenciement 2026 détaille le même barème appliqué à la rupture à l’initiative de l’employeur.
Fiscalité de l’indemnité de départ à la retraite
Le traitement fiscal et social est le point où départ volontaire et mise à la retraite divergent le plus, avec un impact direct sur ce que vous touchez réellement. En cas de départ volontaire hors plan de sauvegarde de l’emploi, l’indemnité est assimilée à un salaire : elle est intégralement soumise aux cotisations sociales, à la CSG/CRDS et à l’impôt sur le revenu. Le montant net est donc sensiblement inférieur au montant brut affiché. En cas de mise à la retraite, l’indemnité bénéficie au contraire d’une exonération partielle, calquée sur le régime du licenciement. Les plafonds applicables reposent sur le plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), fixé à 48 060 € pour 2026.
| Régime (mise à la retraite) | Limite d’exonération 2026 |
|---|---|
| Exonération d’impôt sur le revenu | La plus élevée de : indemnité légale/conventionnelle ; 50 % de l’indemnité ; ou 2× le salaire brut annuel |
| Plafond global de l’exonération d’impôt | 5 PASS, soit 240 300 € |
| Exonération de cotisations sociales | 2 PASS, soit 96 120 € |
| Départ volontaire (hors PSE) | Aucune exonération : imposable et soumis à cotisations |
Concrètement, un salarié mis à la retraite avec une indemnité inférieure à son indemnité légale ne paiera ni impôt ni CSG sur cette somme. À l’inverse, un départ volontaire de 3 750 € sera intégré à votre revenu imposable de l’année. Cette différence de traitement peut représenter plusieurs milliers d’euros et mérite d’être anticipée dans votre déclaration. Si vous envisagez plutôt une sortie négociée, notre calculatrice de rupture conventionnelle 2026 compare l’indemnité et le différé d’indemnisation chômage associés.
Départ volontaire ou mise à la retraite : quelles différences ?
Au-delà du montant, plusieurs paramètres opposent les deux dispositifs. Le tableau ci-dessous synthétise les points essentiels pour vous situer d’un coup d’œil et éclairer votre décision, notamment si vous hésitez à devancer votre départ.
| Critère | Départ volontaire | Mise à la retraite |
|---|---|---|
| Qui décide | Le salarié | L’employeur |
| Ancienneté minimale pour l’indemnité | 10 ans | Aucune (dès la 1re année) |
| Barème | 1/2 à 2 mois selon l’ancienneté | Barème licenciement (1/4 puis 1/3) |
| Fiscalité | Imposable et cotisable | Exonérée dans les limites légales |
| Préavis | Identique au préavis de démission | Préavis fixé par la loi |
Le préavis mérite votre attention : en cas de départ volontaire, il correspond au préavis applicable en cas de démission, généralement d’un à trois mois selon votre statut. Pensez aussi à vos congés payés non pris, qui vous seront réglés sous forme d’indemnité compensatrice au moment du solde de tout compte ; notre calculatrice de congés payés vous aide à en vérifier le montant. Enfin, gardez à l’esprit que l’indemnité de départ à la retraite se cumule avec votre pension : elle ne réduit en rien vos droits acquis auprès de l’Assurance retraite et de vos régimes complémentaires.
Questions fréquentes
À partir de combien d’années d’ancienneté ai-je droit à une indemnité ?
Pour un départ volontaire, il faut au moins dix ans d’ancienneté dans l’entreprise pour prétendre à l’indemnité légale. En dessous, seule une convention collective plus favorable peut ouvrir un droit. Pour une mise à la retraite décidée par l’employeur, l’indemnité est due dès la première année.
L’indemnité de départ à la retraite est-elle imposable ?
Oui pour un départ volontaire hors plan de sauvegarde de l’emploi : elle est soumise à l’impôt sur le revenu, à la CSG/CRDS et aux cotisations sociales. En cas de mise à la retraite, elle est exonérée d’impôt dans la limite des plafonds légaux (jusqu’à 5 PASS, soit 240 300 € en 2026).
Quel salaire prendre en compte pour le calcul ?
On retient le salaire de référence le plus favorable entre la moyenne des douze derniers mois et la moyenne des trois derniers mois, en brut et primes comprises au prorata. C’est cette base qui est multipliée par le coefficient en mois du barème applicable.
La mise à la retraite d’office est-elle possible à 62 ans ?
Non. L’employeur ne peut pas imposer la mise à la retraite avant 70 ans. Entre l’âge légal et 70 ans, il peut seulement proposer un départ, que le salarié est libre de refuser sans perdre son emploi. Avant l’âge légal, aucune mise à la retraite n’est envisageable.
Ma convention collective peut-elle prévoir plus que le minimum légal ?
Absolument. De nombreuses branches accordent des indemnités supérieures, parfois plusieurs mois de salaire au-delà du barème du Code du travail. L’employeur doit toujours appliquer la formule la plus avantageuse pour le salarié : vérifiez donc systématiquement votre convention collective avant de valider un montant.
L’indemnité réduit-elle ma pension de retraite ?
Non, l’indemnité de fin de carrière est une somme versée par l’employeur, distincte de votre pension. Elle ne diminue ni vos droits acquis dans le régime général ni vos points de retraite complémentaire. Vous la percevez en une fois lors de votre solde de tout compte.

Baptiste conçoit et rédige les outils et contenus publiés sur un-calcul.fr. Sa démarche repose sur la clarté et la précision : chaque calculatrice est pensée pour fournir un résultat fiable, compréhensible et directement utilisable par tous.
