Après une séparation, fixer le montant de la pension alimentaire est souvent source d’inquiétude. Renseignez le revenu, le nombre d’enfants et le mode de garde dans le simulateur ci-dessous pour obtenir une estimation immédiate.
Simulateur de pension alimentaire
Pension alimentaire mensuelle estimée
Estimation indicative basée sur la table de référence du ministère de la Justice (minimum vital déduit : 646 € en 2026). Le juge aux affaires familiales reste libre de fixer un autre montant.
À quoi sert la pension alimentaire et qui en fixe le montant ?
La pension alimentaire est une somme versée par l'un des parents à l'autre pour contribuer à l'entretien et à l'éducation des enfants après une séparation ou un divorce. Elle découle de l'obligation alimentaire prévue par le Code civil : chaque parent doit participer aux frais liés aux enfants à proportion de ses ressources et de ses charges. Concrètement, le parent chez qui les enfants ne résident pas à titre principal verse cette contribution au parent qui assume le quotidien (logement, nourriture, scolarité, activités). En cas de résidence alternée, une pension peut tout de même être due lorsqu'un écart de revenus important existe entre les deux foyers, afin que les enfants bénéficient d'un niveau de vie comparable chez chacun de leurs parents.
Le montant peut être fixé d'un commun accord entre les parents, homologué par le juge aux affaires familiales (JAF) ou la caisse d'allocations familiales via un titre exécutoire. À défaut d'accord, c'est le JAF qui tranche. Pour l'aider, le ministère de la Justice publie une table de référence indicative, recalculée chaque année. Cette grille ne s'impose ni aux parents ni au juge : elle sert de point de repère pour éviter des écarts injustifiés d'un dossier à l'autre, mais le magistrat conserve toute latitude pour l'adapter à la situation réelle de la famille.
Comment calculer une pension alimentaire avec le barème ?
La méthode de la table de référence repose sur trois informations : le revenu du parent débiteur, le nombre d'enfants et l'amplitude du droit d'hébergement. La première étape consiste à déterminer le revenu disponible. On part du revenu net mensuel du parent qui paie, puis on retire un « minimum vital » correspondant au montant du RSA pour une personne seule, soit 646 € par mois en 2026. Ce minimum vital garantit que le parent débiteur conserve de quoi vivre avant que la pension ne soit calculée. Le solde obtenu constitue l'assiette sur laquelle s'applique le pourcentage du barème.
La deuxième étape applique un taux qui dépend du nombre d'enfants et du temps que ceux-ci passent chez le parent débiteur. Trois situations sont distinguées : le droit de visite et d'hébergement réduit (les enfants viennent peu, le parent assume donc une charge moindre, le taux est le plus élevé), le droit de visite classique (un week-end sur deux et la moitié des vacances) et la résidence alternée (les enfants vivent à parts égales chez chacun, le taux est alors le plus bas). La formule complète est : pension par enfant = (revenu net − 646 €) × taux, puis on multiplie par le nombre d'enfants pour obtenir le total mensuel.
Le barème 2026 du ministère de la Justice
Le tableau ci-dessous donne le taux applicable par enfant au revenu disponible, selon le mode d'hébergement et le nombre d'enfants. On constate que le pourcentage par enfant diminue à mesure que la fratrie s'agrandit : les charges fixes se mutualisent, le coût marginal de chaque enfant supplémentaire baisse. Ces taux sont ceux de la table de référence diffusée sur Justice.fr et Service-Public.fr.
| Nombre d'enfants | Visite réduite | Visite classique | Résidence alternée |
|---|---|---|---|
| 1 enfant | 18,0 % | 13,5 % | 9,0 % |
| 2 enfants | 15,5 % | 11,5 % | 7,8 % |
| 3 enfants | 13,3 % | 10,0 % | 6,7 % |
| 4 enfants | 11,7 % | 8,8 % | 5,9 % |
| 5 enfants | 10,6 % | 8,0 % | 5,3 % |
| 6 enfants | 9,5 % | 7,2 % | 4,8 % |
Prenons un exemple concret. Un parent gagne 2 200 € nets par mois, a deux enfants en garde classique. Son revenu disponible est de 2 200 − 646 = 1 554 €. Le taux par enfant pour deux enfants en visite classique est de 11,5 %, soit 1 554 × 11,5 % = 178,71 € par enfant. La pension totale s'élève donc à environ 357 € par mois pour les deux enfants. Le même parent en résidence alternée verserait 1 554 × 7,8 % × 2, soit environ 242 € : l'écart illustre l'influence directe du temps de garde sur le montant.
Exemples de montants selon le revenu
Pour visualiser rapidement l'ordre de grandeur, voici une estimation de la pension mensuelle pour un enfant en garde classique (taux de 13,5 %), selon différents niveaux de revenu net du parent débiteur. Ces chiffres restent indicatifs et arrondis.
| Revenu net mensuel | Revenu disponible | Pension (1 enfant, classique) |
|---|---|---|
| 1 500 € | 854 € | ≈ 115 € |
| 2 000 € | 1 354 € | ≈ 183 € |
| 2 500 € | 1 854 € | ≈ 250 € |
| 3 000 € | 2 354 € | ≈ 318 € |
| 4 000 € | 3 354 € | ≈ 453 € |
| 5 000 € | 4 354 € | ≈ 588 € |
Ces montants ne tiennent compte que du revenu et du mode de garde. Dans la réalité, le juge peut majorer ou minorer la pension en fonction de charges particulières (logement onéreux, dettes, frais de santé d'un enfant, scolarité dans le privé) ou des ressources du parent créancier. Le simulateur en haut de page reproduit fidèlement la table de référence, mais ne remplace pas une décision de justice ni l'avis d'un avocat. Pour estimer plus largement votre budget familial après séparation, vous pouvez compléter avec notre simulateur de RSA 2026 et notre simulateur d'allocations familiales 2026.
Revalorisation, versement et cas particuliers
Une fois fixée, la pension alimentaire n'est pas figée. Elle est généralement revalorisée chaque année selon l'indice des prix à la consommation publié par l'INSEE, à la date anniversaire prévue par le jugement. Cette indexation protège le pouvoir d'achat de l'enfant face à l'inflation. La formule est : nouveau montant = montant actuel × (nouvel indice ÷ indice de départ). Plusieurs autres règles méritent d'être connues :
- La pension est due jusqu'à ce que l'enfant soit autonome financièrement, et non automatiquement à sa majorité : un enfant majeur étudiant continue d'y avoir droit.
- Elle peut être versée directement au parent, ou intermédiée par la CAF via l'ARIPA en cas d'impayés ou de tension entre les parents.
- Le parent qui paie peut déduire la pension de son revenu imposable ; le parent qui la reçoit doit la déclarer.
- En cas de changement notable de situation (perte d'emploi, naissance, déménagement), chaque parent peut demander une révision au juge.
- Le non-paiement constitue un délit d'abandon de famille, passible de sanctions pénales.
Pour les familles recomposées ou nombreuses, l'arbitrage entre les différentes aides peut être délicat : pensez à vérifier l'impact d'une nouvelle naissance sur l'ensemble de vos droits, par exemple avec notre calculatrice de complément familial 2026.
Questions fréquentes
Le barème du ministère de la Justice est-il obligatoire ?
Non. Il s'agit d'une table de référence purement indicative. Le juge aux affaires familiales l'utilise comme point de départ mais peut fixer un montant différent selon les charges et ressources réelles de chaque parent. Les parents peuvent aussi convenir librement d'un autre montant.
Pourquoi déduit-on 646 € du revenu ?
Ce montant correspond au « minimum vital », équivalent au RSA d'une personne seule en 2026. Il est retiré du revenu du parent débiteur pour garantir qu'il conserve de quoi subvenir à ses propres besoins avant le calcul de la pension. Seul le revenu au-delà de ce seuil sert d'assiette.
Une pension est-elle due en garde alternée ?
Oui, c'est possible. Si les revenus des deux parents sont très différents, le parent le plus aisé peut verser une pension au titre de la résidence alternée pour équilibrer le niveau de vie de l'enfant entre les deux foyers. Le barème prévoit d'ailleurs des taux spécifiques, plus bas que ceux du droit de visite classique.
La pension s'arrête-t-elle à la majorité de l'enfant ?
Non, elle ne cesse pas automatiquement à 18 ans. Elle reste due tant que l'enfant n'est pas financièrement autonome, par exemple pendant ses études. Le parent débiteur peut toutefois demander au juge la suppression de la pension s'il prouve que l'enfant subvient désormais à ses besoins.
Comment réviser le montant de la pension ?
Au-delà de la revalorisation annuelle automatique sur l'indice INSEE, tout changement important de situation (chômage, nouvelle naissance, hausse des charges) permet de saisir le juge aux affaires familiales pour demander une augmentation ou une diminution. La révision n'est jamais rétroactive : elle prend effet à la date de la nouvelle décision.

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