Un arrêt maladie combine deux sources d’indemnisation qui s’ajoutent et se déduisent selon des règles précises : les indemnités journalières de la CPAM et le maintien de salaire de l’employeur. Entrez votre salaire, votre ancienneté et la durée de l’arrêt pour obtenir une estimation de ce que vous toucherez réellement.
Les deux mécanismes qui se complètent
Pendant un arrêt maladie, le contrat de travail est suspendu. L’employeur ne verse plus de salaire. Deux dispositifs peuvent prendre le relais, mais ils ne fonctionnent pas de façon indépendante : le maintien de salaire de l’employeur est calculé en déduisant les IJSS CPAM, pour éviter que le salarié touche plus que son salaire habituel.
La CPAM verse les indemnités journalières (IJSS) à partir du 4e jour d’arrêt (délai de carence de 3 jours). Le montant est de 50% du salaire journalier de référence, plafonné à 41,95 euros par jour depuis le 1er février 2026. Ce plafond correspond à 1,4 fois le SMIC mensuel (2 552,25 euros) divisé par 91,25.
L’employeur complète via le maintien de salaire légal, mais seulement à partir du 8e jour (délai de carence employeur de 7 jours). Il verse la différence entre 90% du salaire brut et les IJSS perçues par la CPAM. Après un certain nombre de jours à 90%, le taux tombe à 66,67%.
IJSS CPAM vs maintien légal vs convention collective : les trois situations
| Dispositif | Qui paie | Délai de carence | Montant | Durée maximale |
|---|---|---|---|---|
| IJSS CPAM | Assurance Maladie | 3 jours | 50% du SJR, max 41,95 €/j | 360 jours sur 3 ans |
| Maintien légal | Employeur | 7 jours | 90% puis 66,67% – IJSS | Selon ancienneté (tableau) |
| Convention favorable | Employeur | Souvent réduit ou nul | Jusqu’à 100% du salaire | Variable selon CCN |
| Prévoyance complémentaire | Assureur | Variable (souvent 3-7 jours) | Complément jusqu’à 80-90% | Variable |
La grande majorité des salariés du privé bénéficient du maintien légal minimum du Code du travail. Mais beaucoup de conventions collectives prévoient des dispositions plus favorables : carence réduite ou supprimée, maintien à 100% du salaire, durée plus longue. Pour savoir ce qui s’applique à votre situation, la référence est votre convention collective (mentionnée sur votre bulletin de paie) et votre contrat de travail.
Tableau légal du maintien de salaire selon l’ancienneté
| Ancienneté | Jours à 90% du salaire brut | Jours à 66,67% du salaire brut | Total jours maintenus |
|---|---|---|---|
| Moins de 1 an | 0 | 0 | 0 — aucun maintien légal |
| 1 à 5 ans | 30 | 30 | 60 jours |
| 6 à 10 ans | 40 | 40 | 80 jours |
| 11 à 15 ans | 50 | 50 | 100 jours |
| 16 à 20 ans | 60 | 60 | 120 jours |
| 21 à 25 ans | 70 | 70 | 140 jours |
| 26 à 30 ans | 80 | 80 | 160 jours |
| 31 ans et plus | 90 | 90 | 180 jours |
Ces durées sont calculées sur une période de 12 mois glissants, pas sur l’année civile. Si un salarié a déjà eu un arrêt de 20 jours dans les 12 derniers mois, ces 20 jours se déduisent de son droit restant. La « garantie du net » s’applique en permanence : le revenu total (IJSS + maintien) ne peut jamais dépasser le salaire net que le salarié aurait perçu en travaillant.
Le plafond IJSS 2026 : ce qui a changé depuis avril 2025
Le plafond de calcul des IJSS maladie a été abaissé au 1er avril 2025, passant de 1,8 SMIC à 1,4 SMIC. En 2026, avec un SMIC mensuel de 1 823,04 euros, le salaire de référence pris en compte est plafonné à 2 552,25 euros par mois. Cela représente une IJSS maximale de 41,95 euros par jour.
Pour les salariés dont le salaire est inférieur à ce plafond, rien ne change : leur IJSS est calculée normalement à 50% du salaire journalier de référence. Pour les hauts salaires en revanche, l’impact est significatif. Un cadre gagnant 5 000 euros brut par mois touche exactement la même IJSS qu’un salarié à 2 552 euros : 41,95 euros par jour. La perte de salaire pendant un arrêt maladie est donc proportionnellement plus importante pour les hauts revenus, d’où l’intérêt d’une prévoyance complémentaire.
La subrogation : ce que ça change concrètement pour le salarié
La subrogation est un mécanisme par lequel l’employeur perçoit les IJSS CPAM à la place du salarié, et lui verse ensuite l’ensemble (IJSS + maintien) en une seule fois sur le bulletin de paie. Du point de vue du salarié, cela ne change pas le montant perçu, mais cela simplifie considérablement la gestion : il reçoit un seul versement mensuel et n’a pas à attendre le paiement direct de la CPAM (qui peut prendre 3 à 6 semaines après la réception du dossier complet).
Sans subrogation, le salarié reçoit d’un côté le maintien de salaire de son employeur, et de l’autre côté les IJSS directement de la CPAM avec un décalage. Le montant final est identique, mais la gestion administrative est plus complexe et les délais de versement moins prévisibles.
Arrêt maladie vs arrêt pour accident du travail : les différences clés
| Critère | Arrêt maladie ordinaire | Accident du travail (AT/MP) |
|---|---|---|
| Délai de carence CPAM | 3 jours | Aucun — dès le 1er jour |
| Délai de carence employeur | 7 jours | Aucun |
| Taux IJSS | 50% du SJR, max 41,95 €/j | 60% les 28 premiers jours, puis 80% |
| Plafond IJSS | 41,95 euros/jour | Plus élevé (calculé différemment) |
| Conditions d’ancienneté | 1 an requise pour le maintien employeur | Aucune ancienneté requise |
| Imposition des IJSS | Imposables (sauf AT/MP) | Exonérées d’impôt sur le revenu |
La distinction entre maladie ordinaire et accident du travail est donc très favorable à l’accident du travail sur tous les plans : pas de carence, taux plus élevé, conditions moins restrictives. Signaler un accident survenu dans le cadre du travail comme tel dès les premières heures est donc essentiel pour bénéficier du régime le plus protecteur.
Questions fréquentes
Les jours de carence s’appliquent-ils lors de chaque nouvel arrêt ?
Oui, pour les IJSS CPAM : le délai de carence de 3 jours s’applique à chaque arrêt, y compris les prolongations. Exception : si un nouvel arrêt survient dans les 48 heures suivant la reprise du travail et que les deux arrêts concernent la même maladie, la carence ne s’applique qu’une seule fois. Pour le maintien de salaire employeur, le délai de carence de 7 jours s’applique à chaque arrêt selon les règles légales, sauf dispositions conventionnelles plus favorables.
Que se passe-t-il si le salarié n’envoie pas son arrêt dans les 48 heures ?
Le salarié risque de perdre tout ou partie de ses IJSS pour les jours de retard. La CPAM peut refuser de verser les indemnités pour la période antérieure à la réception de l’arrêt si le délai de 48 heures n’est pas respecté. Côté employeur, le maintien de salaire n’est pas dû si l’arrêt n’est pas justifié dans les délais : le salarié peut même faire l’objet d’une retenue sur salaire pour absence injustifiée jusqu’à la réception du document.
L’arrêt maladie génère-t-il des congés payés ?
Oui, depuis la loi du 22 avril 2024. Les arrêts maladie non professionnels génèrent désormais des droits à congés payés, dans la limite de 2 jours ouvrables par mois d’absence, contre 2,5 jours par mois en activité. Pour un arrêt de 30 jours, le salarié acquiert donc 2 jours de congés payés au lieu d’en perdre la totalité. Ce changement est rétroactif pour les arrêts ayant eu lieu à partir du 1er décembre 2019, sous conditions de délai pour la réclamation.
Le délai de carence s’applique-t-il aux fonctionnaires ?
Les fonctionnaires sont soumis à un délai de carence d’1 jour, contre 3 jours dans le secteur privé. Ce jour de carence leur est appliqué depuis 2018 pour les arrêts maladie ordinaires. En revanche, les fonctionnaires ne subissent pas de délai de carence pour les congés longue maladie ou longue durée. Leur maintien de salaire suit également des règles propres à la fonction publique, généralement plus favorables que le régime légal du privé pour les longues durées.
Un salarié à temps partiel est-il pénalisé dans le calcul des IJSS ?
Non en principe. Les IJSS sont calculées sur le salaire brut réel du salarié, qu’il soit à temps plein ou partiel. Un salarié à mi-temps qui gagne 1 000 euros brut par mois verra ses IJSS calculées sur 1 000 euros, pas sur le salaire équivalent temps plein. Le taux de 50% s’applique sur le salaire réel. La seule limite est le plafond de 41,95 euros par jour, mais un salarié à temps partiel aura rarement un IJSS proche de ce plafond.

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