Simulateur d’indemnités intermittents du spectacle : calculez votre allocation journalière

Le régime d’indemnisation des intermittents du spectacle est l’un des plus complexes du droit social français. Il déroge aux règles du régime général sur presque tous les points : la condition d’accès, la formule de calcul, la durée d’indemnisation, le mécanisme de cumul avec les revenus d’activité. Ce simulateur calcule votre allocation journalière à partir de vos heures travaillées et de votre salaire de référence.

Simulateur d’indemnités intermittents du spectacle
Repreneur son, régisseur, costumier… = annexe 8. Comédien, musicien, chanteur, danseur… = annexe 10
Sur les 12 derniers mois. Minimum 507 heures pour ouvrir les droits.
Somme de tous les salaires bruts perçus sur la période de référence (12 mois)
Vous n’avez pas encore les 507 heures requises pour ouvrir vos droits en régime intermittent. La condition minimale est de 507 heures sur les 12 derniers mois.
Allocation journalière brute estimée
44,00euros/jour

Partie A (salaires)
12,56
euros
Partie B (heures)
9,59
euros
Partie C (socle)
12,54
euros
Mensuel estimé (jours indemnisés)
— euros/mois
Dépend du nombre d’heures travaillées dans le mois

A + B + C = allocation journaliere brute Plancher : 44 euros/jour (annexe 10)

507 heures : la porte d’entrée du régime

Pour bénéficier des allocations chômage au titre du régime spécifique des intermittents, il faut justifier d’au moins 507 heures de travail sur les 12 derniers mois précédant la fin du dernier contrat de travail. C’est la condition sine qua non, et elle s’applique identiquement à l’annexe 8 (techniciens et ouvriers du spectacle) et à l’annexe 10 (artistes).

Ces 507 heures ne se comptent pas simplement en additionnant les heures de contrats. Certaines heures sont assimilées : les périodes d’arrêt maladie, de maternité, d’accident du travail qui se prolongent en dehors du contrat de travail, dans la limite des durées légales. En revanche, les heures de formation professionnelle ne comptent pas, ni les heures d’enseignement dispensé par des artistes.

Pour les techniciens, les heures sont plafonnées à 8 heures par jour travaillé, même si le contrat en prévoit davantage. Pour les artistes, ce plafond est de 12 heures par jour. Un comédien qui tourne 14 heures sur un plateau ne peut comptabiliser que 12 heures pour le calcul de ses 507 heures.

Si les 507 heures ne sont pas atteintes, l’intermittent bascule sur le régime général d’assurance chômage s’il remplit ses conditions, soit 130 jours travaillés sur les 24 derniers mois. Ce droit d’option entre les deux régimes peut parfois jouer en faveur du demandeur selon les situations.

La formule en trois parties : A + B + C

C’est là que le régime intermittent se distingue radicalement du régime général. Dans le régime général, l’allocation est calculée à partir d’un salaire journalier de référence (SJR) : plus vous gagnez par jour en moyenne, plus vous touchez. Pour les intermittents, la logique est différente. Les salaires et les heures entrent séparément dans le calcul, avec des effets de seuil qui rendent le résultat peu intuitif.

L’allocation journalière brute est la somme de trois composantes, notées A, B et C.

La partie A est proportionnelle aux salaires perçus sur la période de référence. Elle augmente avec le salaire total, mais de façon dégressive : le taux appliqué aux salaires au-delà d’un certain seuil est plus faible qu’en dessous. Pour l’annexe 8, ce seuil est à 14 400 euros. Pour l’annexe 10, il est à 13 700 euros.

La partie B est proportionnelle au nombre d’heures travaillées. Elle augmente avec les heures, également de façon dégressive au-delà d’un certain nombre d’heures. Pour l’annexe 8, la dégressivité s’active à partir de 720 heures. Pour l’annexe 10, à partir de 690 heures.

La partie C est un montant fixe, calculé comme un pourcentage de l’allocation journalière minimale. Pour l’annexe 8, C représente 40% de l’AJ minimale. Pour l’annexe 10, C représente 70% de l’AJ minimale. Cette asymétrie explique pourquoi les artistes ont une allocation plancher plus élevée que les techniciens à nombre d’heures et salaires identiques.

Les formules complètes, exprimées à partir de l’allocation journalière minimale (AJmin) :

Pour l’annexe 8 (AJmin = 38 euros) : A = [AJmin × (0,42 × SR jusqu’à 14 400 + 0,05 × SR au-delà)] / 5 000 B = [AJmin × (0,26 × heures jusqu’à 720 + 0,08 × heures au-delà)] / 507 C = AJmin × 0,40

Pour l’annexe 10 (AJmin = 44 euros) : A = [AJmin × (0,36 × SR jusqu’à 13 700 + 0,05 × SR au-delà)] / 5 000 B = [AJmin × (0,26 × heures jusqu’à 690 + 0,08 × heures au-delà)] / 507 C = AJmin × 0,70

Ce que le taux horaire ne dit pas sur l’allocation

L’une des caractéristiques les plus contre-intuitives du régime intermittent est que le taux horaire de rémunération n’a pas d’impact direct sur l’allocation. Ce qui compte, c’est le volume total de salaires et le volume total d’heures, pris séparément.

Deux intermittents qui ont travaillé 600 heures sur la même période peuvent avoir des allocations journalières identiques même si l’un a gagné 15 euros de l’heure et l’autre 25 euros, si leurs salaires totaux restent proches. À l’inverse, deux intermittents avec des salaires totaux similaires peuvent avoir des allocations différentes si leurs volumes d’heures sont très différents.

Ce fonctionnement découle de la structure A + B + C : une partie dépend des salaires, une autre des heures, et elles s’additionnent. Un artiste qui a travaillé beaucoup d’heures peu rémunérées (part B élevée, part A faible) peut avoir une allocation comparable à un artiste qui a travaillé peu d’heures bien payées (part A élevée, part B faible).

Les planchers et plafonds de l’allocation

Quel que soit le résultat de la formule A + B + C, l’allocation journalière ne peut pas tomber en dessous d’un plancher ni dépasser un plafond.

Le plancher est de 38 euros par jour pour les techniciens (annexe 8) et de 44 euros par jour pour les artistes (annexe 10). Si le calcul donne un résultat inférieur, c’est le plancher qui s’applique. Cette garantie minimale est l’une des spécificités du régime intermittent par rapport au régime général, qui n’a qu’un plancher uniforme beaucoup plus bas.

Le plafond est de 152,77 euros par jour pour les deux annexes. Au-delà, l’allocation est écrêtée à ce montant, quelle que soit la rémunération de référence. Ce plafond est identique à celui du régime général (plafond à 75% du salaire journalier de référence).

La durée d’indemnisation : 12 mois reconductibles

La durée d’indemnisation est de 12 mois, calculée à partir de la date anniversaire de la fin du contrat de travail ayant déclenché l’ouverture des droits. Ce n’est pas une période fixe du 1er janvier au 31 décembre : c’est une période glissante propre à chaque intermittent.

À la date anniversaire, France Travail examine si les conditions sont à nouveau remplies : 507 heures sur les 12 derniers mois. Si c’est le cas, un nouveau droit est ouvert pour 12 mois supplémentaires, avec un nouveau calcul de l’allocation basé sur la nouvelle période de référence. Si les 507 heures ne sont pas atteintes, le droit n’est pas renouvelé et l’intermittent peut basculer en régime général ou se retrouver sans indemnisation.

Il existe un dispositif de protection appelé clause de rattrapage. Si l’intermittent a cotisé plus de 507 heures au cours des 12 derniers mois mais n’atteint pas les 507 heures sur la période de référence stricte utilisée par France Travail (qui peut ne pas coïncider avec les 12 derniers mois calendaires), cette clause permet de chercher une période de référence plus longue ou décalée qui permettrait d’ouvrir les droits. Elle est complexe à calculer et il est fortement recommandé de consulter France Travail Spectacle pour en vérifier l’applicabilité.

Cumul revenus et allocations : le mécanisme mensuel

L’une des particularités les plus avantageuses du régime intermittent est la possibilité de cumuler revenus d’activité et allocations chômage dans une même période. Le mécanisme ne consiste pas à suspendre les allocations pendant les jours travaillés, mais à calculer chaque mois le nombre de jours indemnisables en fonction des heures travaillées ce mois-là.

Pour l’annexe 8, chaque heure travaillée dans le mois génère 1,4 / 8 jour non indemnisé. Pour l’annexe 10, chaque heure travaillée génère 1 / 12 jour non indemnisé. Un artiste qui travaille 12 heures dans le mois n’a qu’1 jour non indemnisé : il perçoit 29 jours d’allocation sur le mois. Un technicien qui travaille 8 heures a 1,4 jour non indemnisé. À nombre d’heures identique, le technicien a donc plus de jours non indemnisés que l’artiste, ce qui est l’une des sources de tensions entre les deux annexes.

Un plafond de cumul s’applique néanmoins : la somme des revenus d’activité et des allocations perçues dans le mois ne peut pas dépasser 1,18 fois le plafond mensuel de la Sécurité sociale, soit 4 725,90 euros bruts en 2026. Si le plafond est dépassé, le nombre de jours indemnisables est réduit en conséquence.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre l’annexe 8 et l’annexe 10 ?

L’annexe 8 concerne les ouvriers et techniciens du spectacle : régisseurs, ingénieurs du son, éclairagistes, machinistes, costumiers, maquilleurs, techniciens de plateau. L’annexe 10 concerne les artistes : comédiens, musiciens, chanteurs, danseurs, chorégraphes, metteurs en scène, réalisateurs. La distinction n’est pas toujours évidente pour les métiers polyvalents. En cas de doute, c’est la nature de l’activité principale déclarée sur les contrats de travail qui détermine l’annexe applicable. Un musicien qui travaille aussi comme technicien son peut relever de l’une ou l’autre selon la majorité de ses heures.

Les heures de répétition comptent-elles pour les 507 heures ?

Oui, à condition qu’elles soient effectuées dans le cadre d’un contrat de travail. Les répétitions rémunérées par un contrat à durée déterminée d’usage (CDDU) ou par un cachet comptent comme toutes les autres heures. En revanche, les répétitions non rémunérées, même si elles font partie du processus de création, ne peuvent pas être comptabilisées.

Que se passe-t-il si je dépasse les 507 heures avant la date anniversaire ?

Dépasser les 507 heures en cours d’indemnisation ne déclenche pas automatiquement un réexamen anticipé des droits. France Travail attend la date anniversaire pour recalculer. En revanche, vous pouvez demander un réexamen anticipé si vous pensez que votre nouvelle période de référence est plus favorable que la précédente. Cette démarche est irréversible : si le nouveau calcul est moins favorable, c’est quand même le nouveau montant qui s’applique pour les 12 mois suivants.

Les indemnités journalières sont-elles imposables ?

Oui. Les allocations chômage des intermittents sont soumises à l’impôt sur le revenu, à la CSG et à la CRDS. Le taux de CSG applicable est de 6,2% (après abattement de 1,75%) pour la majorité des intermittents, ce qui porte les déductions à environ 7% du brut. Sur le bulletin mensuel de France Travail, le montant net est celui après déduction de la CSG, de la CRDS et d’une cotisation de retraite complémentaire obligatoire.

Ce simulateur est-il fiable pour préparer ma demande d’ouverture de droits ?

Il donne une estimation indicative basée sur les formules officielles des annexes 8 et 10. Il ne prend pas en compte la clause de rattrapage, les heures assimilées pour maladie ou maternité, les droits d’option avec le régime général, ni les périodes d’activité en dehors du spectacle. Pour une simulation officielle et un accompagnement personnalisé, le simulateur de France Travail Spectacle sur francetravail.fr est le seul outil contractuellement fiable, et les conseillers de France Travail Spectacle peuvent vérifier votre situation sur la base de vos attestations employeurs mensuelles réelles.

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