Calculatrice d’amortissement : linéaire, dégressif et tableau annuel

Linéaire ou dégressif ? Indiquez la valeur du bien, sa durée d’utilisation et sa date de mise en service : la calculatrice ci-dessous vous donne l’annuité et le tableau complet.

Calculatrice d’amortissement

Dotation du 1er exercice
0,00 €
Taux appliqué0 %
Coefficient
Base amortissable0,00 €
VNC fin exercice 10,00 €

Qu'est-ce qu'un amortissement comptable ?

L'amortissement est la constatation comptable de la perte de valeur d'une immobilisation liée à son usage, au temps qui passe ou à l'obsolescence technique. Concrètement, lorsqu'une entreprise achète une machine 12 000 € HT, elle ne passe pas cette somme en charge d'un seul coup : elle l'inscrit à l'actif du bilan, puis étale son coût sur la durée pendant laquelle le bien va réellement servir. Chaque exercice supporte ainsi une fraction du coût, appelée dotation aux amortissements, qui vient diminuer le résultat imposable. Cette mécanique répond à un principe simple : rattacher la charge à la période qui en tire un bénéfice économique. Trois notions structurent tout le calcul : la base amortissable (le prix d'achat HT, augmenté des frais de mise en service et diminué de l'éventuelle valeur résiduelle), la durée d'utilisation, et le mode d'amortissement retenu.

Tous les biens ne s'amortissent pas. Les terrains, les fonds de commerce et les immobilisations financières échappent à l'amortissement car ils ne se déprécient pas de manière prévisible et irréversible. À l'inverse, le matériel industriel, l'outillage, les véhicules, le mobilier, le matériel informatique et les constructions entrent pleinement dans le champ. Les biens de faible valeur, généralement inférieurs à 500 € HT, peuvent être passés directement en charges par simplification administrative, sans passer par le tableau d'amortissement. Enfin, la comptabilité distingue l'approche comptable (fondée sur la durée réelle d'utilisation) de l'approche fiscale (fondée sur les durées d'usage admises) : lorsque les deux divergent, l'écart se traite via un amortissement dérogatoire.

Amortissement linéaire : formule et prorata temporis

Le mode linéaire est le régime de droit commun : il répartit la charge de façon constante sur toute la durée d'utilisation du bien. Le taux se calcule simplement en divisant 100 par le nombre d'années : un bien amorti sur 5 ans supporte un taux de 20 %, sur 8 ans un taux de 12,5 %, sur 3 ans un taux de 33,33 %. La dotation annuelle correspond alors à la base amortissable multipliée par ce taux. Si vous achetez un véhicule utilitaire 24 000 € HT amorti sur 5 ans, chaque exercice complet supporte une dotation de 4 800 €.

La subtilité intervient sur le premier et le dernier exercice. L'amortissement démarre le jour de la mise en service du bien, et non le jour de sa facturation : il faut donc appliquer un prorata temporis calculé en jours, sur une base conventionnelle de 360 jours (12 mois de 30 jours). Un matériel mis en service le 15 avril donnera 256 jours d'amortissement sur le premier exercice, soit une dotation réduite d'environ 29 %. Le reliquat non amorti se reporte mécaniquement sur un exercice supplémentaire : un bien amorti sur 5 ans mis en service en cours d'année apparaîtra sur six lignes du tableau. C'est exactement ce que reproduit la calculatrice ci-dessus, colonne par colonne, jusqu'à une valeur nette comptable nulle.

Amortissement dégressif : coefficients et bascule vers le linéaire

Le mode dégressif, prévu à l'article 39 A du Code général des impôts, permet de déduire davantage les premières années. Le principe : on applique un taux majoré non pas à la valeur d'origine, mais à la valeur nette comptable restante à l'ouverture de chaque exercice. Le taux dégressif s'obtient en multipliant le taux linéaire par un coefficient légal qui dépend de la durée normale d'utilisation. Ces coefficients n'ont pas été modifiés par la loi de finances pour 2026.

Durée normale d'utilisationCoefficient légalTaux linéaireTaux dégressif
3 ans1,2533,33 %41,67 %
4 ans1,2525,00 %31,25 %
5 ans1,7520,00 %35,00 %
6 ans1,7516,67 %29,17 %
8 ans2,2512,50 %28,13 %
10 ans2,2510,00 %22,50 %
Coefficients dégressifs applicables en 2026 (art. 39 A du CGI).

Deux règles distinguent nettement le dégressif du linéaire. D'abord, le prorata de la première année se calcule en mois entiers, à compter du premier jour du mois d'acquisition : un bien acquis le 20 mars ouvre droit à dix mois d'amortissement, soit 10/12 de l'annuité. Ensuite, la mécanique du taux appliqué à la valeur résiduelle ne permettrait jamais d'atteindre zéro : la réglementation impose donc une bascule vers le linéaire. Dès que le taux linéaire résiduel — soit 1 divisé par le nombre d'années restant à courir — devient supérieur ou égal au taux dégressif, on abandonne le dégressif et on répartit la valeur nette comptable de façon égale sur les exercices restants. Pour un bien amorti sur 5 ans au taux dégressif de 35 %, la bascule intervient lorsqu'il reste deux exercices, le taux résiduel atteignant alors 50 %.

Le dégressif n'est pas ouvert à tous les biens. Il est réservé aux biens neufs, dont la durée normale d'utilisation est d'au moins trois ans, et qui figurent dans la liste limitative de l'administration : matériels et outillages industriels, installations de sécurité, matériel de manutention, machines de bureau (hors machines à écrire), installations de magasinage. En sont exclus les véhicules de tourisme, le mobilier de bureau classique, les constructions à usage de bureaux et l'ensemble des biens d'occasion.

Durées d'usage habituellement admises

La durée retenue conditionne tout le calcul. En comptabilité, elle doit refléter la durée réelle d'utilisation prévue par l'entreprise ; en fiscalité, l'administration tolère les durées d'usage constatées dans la profession, avec une marge d'appréciation d'environ 20 %. Le tableau suivant reprend les repères les plus courants, applicables en 2026.

Type d'immobilisationDurée usuelleTaux linéaireDégressif possible
Matériel informatique3 ans33,33 %Oui (neuf)
Logiciels1 à 3 ans33 à 100 %Non
Véhicule de tourisme4 à 5 ans20 à 25 %Non
Véhicule utilitaire4 à 5 ans20 à 25 %Oui (neuf)
Mobilier de bureau10 ans10 %Non
Outillage industriel5 à 10 ans10 à 20 %Oui (neuf)
Agencements et installations10 à 20 ans5 à 10 %Variable
Bâtiment industriel20 à 25 ans4 à 5 %Non
Durées d'usage indicatives et modes d'amortissement autorisés.

Linéaire ou dégressif : comment choisir ?

Sur la durée totale, les deux méthodes aboutissent au même montant amorti : la différence porte uniquement sur la répartition dans le temps. Le dégressif concentre la charge sur les premiers exercices, ce qui réduit l'impôt à court terme et améliore la trésorerie immédiate. Il pénalise en revanche le résultat affiché les premières années, ce qui peut gêner une entreprise en phase de levée de fonds ou de négociation bancaire. Le linéaire, plus lisible, lisse le résultat et facilite les comparaisons d'un exercice à l'autre.

  • Privilégiez le dégressif si votre entreprise est bénéficiaire dès la première année et cherche à différer l'impôt sur les sociétés.
  • Privilégiez le linéaire si vous démarrez en déficit : accélérer l'amortissement ne créerait qu'un déficit reportable supplémentaire, sans gain immédiat.
  • Vérifiez l'éligibilité du bien au dégressif avant de trancher : un bien d'occasion ou un véhicule de tourisme ferme automatiquement l'option.
  • Anticipez la revente : un amortissement accéléré abaisse la valeur nette comptable, donc augmente la plus-value taxable en cas de cession anticipée.
  • Restez cohérent : le choix s'effectue bien par bien, dès la mise en service, et n'est pas réversible ensuite.

Pour situer l'impact d'une dotation sur votre compte de résultat, vous pouvez la rapprocher de vos autres indicateurs de gestion à l'aide de la calculatrice de capacité d'autofinancement (CAF), dont les amortissements constituent l'un des principaux retraitements. Si l'immobilisation est financée à crédit, comparez son échéancier avec celui de votre emprunt grâce au simulateur de prêt professionnel. Enfin, l'intégration de la dotation dans vos coûts fixes se vérifie utilement avec la calculatrice de seuil de rentabilité.

Erreurs fréquentes à éviter

La première erreur consiste à démarrer l'amortissement à la date de facture plutôt qu'à la date de mise en service : un matériel livré en décembre mais installé en février ne s'amortit qu'à compter de février. La deuxième porte sur la base amortissable : elle inclut les frais de transport, d'installation et de mise en route, mais exclut la TVA récupérable et les frais financiers. La troisième concerne l'approche par composants, obligatoire pour les immobilisations dont les éléments ont des durées d'utilisation très différentes — typiquement un bâtiment dont la toiture, les façades et les installations techniques s'amortissent séparément. Enfin, n'oubliez pas de solder le compte d'amortissement lors de la sortie du bien : une cession ou une mise au rebut impose de constater la dotation complémentaire de l'exercice en cours avant de calculer la plus ou moins-value.

Questions fréquentes

Quels sont les coefficients dégressifs en 2026 ?

Ils restent fixés à 1,25 pour une durée normale d'utilisation de 3 ou 4 ans, 1,75 pour 5 ou 6 ans, et 2,25 au-delà de 6 ans. Ces valeurs figurent à l'article 39 A du CGI et sont inchangées pour 2026.

Peut-on amortir un bien d'occasion en dégressif ?

Non. Le mode dégressif est strictement réservé aux biens neufs figurant sur la liste de l'administration fiscale. Un matériel acheté d'occasion, même récent, s'amortit obligatoirement en linéaire sur sa durée d'utilisation résiduelle.

À partir de quel montant faut-il amortir un achat ?

Il n'existe pas de seuil légal strict, mais l'administration tolère la passation directe en charges des biens de faible valeur, généralement en dessous de 500 € HT unitaires (petit outillage, mobilier, logiciels). Au-delà, l'immobilisation et l'amortissement s'imposent.

Que se passe-t-il si je vends le bien avant la fin de l'amortissement ?

Vous constatez d'abord la dotation de l'exercice au prorata de la période de détention, puis vous comparez le prix de cession à la valeur nette comptable obtenue. La différence constitue une plus-value ou une moins-value professionnelle, imposée selon le régime de l'entreprise.

Quelle différence entre amortissement comptable et amortissement dérogatoire ?

L'amortissement comptable suit la durée réelle d'utilisation du bien. Lorsque la durée ou le mode admis fiscalement diffère, l'écart entre les deux calculs est enregistré en amortissement dérogatoire, une provision réglementée inscrite au passif du bilan.

La calculatrice remplace-t-elle un expert-comptable ?

Non : elle fournit une estimation fiable des dotations et du tableau d'amortissement, utile pour un prévisionnel ou une décision d'investissement. La qualification du bien, son éligibilité au dégressif et le traitement des composants relèvent d'une analyse professionnelle.

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