Combien allez-vous toucher au chômage, et pendant combien de temps ? Renseignez votre salaire brut moyen dans le simulateur ci-dessous pour obtenir une estimation immédiate de votre allocation.
L'ARE, c'est quoi exactement ?
L'allocation d'aide au retour à l'emploi, ou ARE, est le revenu de remplacement versé par France Travail aux salariés qui perdent involontairement leur emploi. Elle n'a rien d'un forfait uniforme : son montant dépend directement des salaires perçus pendant la période de référence, et sa durée dépend du temps effectivement travaillé avant la fin du contrat. Pour ouvrir des droits, il faut avoir travaillé au moins 130 jours ou 910 heures sur les 24 derniers mois (36 mois pour les personnes âgées de 55 ans et plus à la fin du contrat), être inscrit comme demandeur d'emploi, résider en France, être apte physiquement à travailler et rechercher activement un emploi. La perte d'emploi doit être involontaire : licenciement, fin de CDD, rupture conventionnelle homologuée, ou démission considérée comme légitime (suivi de conjoint, projet de reconversion validé, etc.).
Le versement ne démarre pas le lendemain de la fin du contrat. France Travail applique d'abord un différé d'indemnisation congés payés, calculé sur l'indemnité compensatrice perçue, puis un éventuel différé spécifique lié aux indemnités supralégales, plafonné à 150 jours (75 jours en cas de licenciement économique). S'y ajoute un délai d'attente incompressible de 7 jours. Entre la fin du contrat et le premier virement, il n'est donc pas rare d'attendre plusieurs semaines, un point à anticiper dans votre budget.
Le salaire journalier de référence, socle de tout le calcul
Tout part du salaire journalier de référence (SJR). France Travail additionne les rémunérations brutes soumises à contributions perçues pendant la période de référence, puis divise ce total par le nombre de jours calendaires compris entre le premier et le dernier jour de travail de cette période. Les périodes non travaillées comptent donc au dénominateur, mais elles sont plafonnées à 75 % du nombre de jours travaillés afin d'éviter qu'une alternance de contrats courts n'écrase artificiellement le SJR. Sont intégrées au salaire de référence les primes, les 13e mois et les commissions rattachés à la période ; en sont exclues les indemnités de licenciement, les indemnités compensatrices de congés payés et les remboursements de frais.
Le salaire pris en compte est également plafonné : la part de rémunération qui dépasse quatre fois le plafond mensuel de la Sécurité sociale n'entre pas dans le calcul. Notre simulateur retient une hypothèse simplifiée mais réaliste, celle d'une activité continue : le SJR est estimé en multipliant le salaire brut mensuel moyen par 12, puis en divisant par 365. Si votre parcours comporte des interruptions, des temps partiels ou des missions courtes, votre SJR réel sera inférieur à cette estimation.
La double formule de calcul de l'ARE en 2026
Une fois le SJR connu, France Travail compare deux formules et retient la plus favorable : d'un côté 40,4 % du SJR augmentés d'une partie fixe de 13,18 euros par jour, de l'autre 57 % du SJR. La première formule protège mécaniquement les bas salaires, puisque la partie fixe pèse proportionnellement plus lourd quand le SJR est faible ; la seconde devient plus avantageuse à partir d'environ 79 euros de SJR, soit près de 2 400 euros de salaire brut mensuel. Le résultat est ensuite encadré par un plancher, l'allocation minimale de 32,13 euros par jour, et par un plafond, fixé à 75 % du SJR. Faute d'accord au conseil d'administration de l'Unédic le 30 juin 2026, ces montants n'ont pas été revalorisés au 1er juillet 2026 et restent identiques à ceux de juillet 2025.
| Paramètre 2026 | Valeur | Rôle dans le calcul |
|---|---|---|
| Partie proportionnelle | 40,4 % du SJR | Base de la formule A |
| Partie fixe | 13,18 € / jour | S'ajoute à la formule A |
| Formule alternative | 57 % du SJR | Retenue si supérieure à la formule A |
| Allocation minimale | 32,13 € / jour | Plancher, soit environ 964 € par mois |
| Plafond | 75 % du SJR | Limite haute de l'allocation brute |
| Plancher AREF (formation) | 22,99 € / jour | Allocation en cas de formation |
Concrètement, un salarié rémunéré 2 500 euros bruts par mois affiche un SJR de 82,19 euros. La formule A donne 46,39 euros, la formule B 46,85 euros : c'est cette dernière qui est retenue, soit environ 1 405 euros bruts pour un mois de 30 jours. À l'inverse, avec 1 400 euros bruts mensuels, la formule A l'emporte largement, mais le résultat tombe sous le plancher : l'allocataire perçoit alors l'allocation minimale de 32,13 euros par jour.
Du brut au net : les retenues sur l'allocation
L'allocation calculée est un montant brut. Trois prélèvements viennent la réduire. La retenue au titre de la retraite complémentaire s'élève à 3 % du salaire journalier de référence, et non de l'allocation elle-même ; elle ne peut pas ramener l'allocation en dessous du montant minimal. Viennent ensuite la CSG, au taux de 6,2 %, et la CRDS, au taux de 0,5 %, appliquées sur 98,25 % du montant brut. Ces deux contributions ne sont dues que si leur prélèvement ne fait pas descendre l'allocation nette sous le SMIC brut journalier, ce qui exonère de fait une large partie des allocataires modestes. Selon vos revenus fiscaux, vous pouvez également bénéficier d'un taux réduit de CSG, voire d'une exonération totale.
| Prélèvement | Taux | Assiette | Exonération possible |
|---|---|---|---|
| Retraite complémentaire | 3 % | Salaire journalier de référence | Si l'ARE tombe sous le minimum |
| CSG | 6,2 % | 98,25 % de l'allocation brute | Selon le revenu fiscal de référence |
| CRDS | 0,5 % | 98,25 % de l'allocation brute | Oui, si CSG exonérée |
| Impôt sur le revenu | Taux personnalisé | Allocation nette imposable | Non, l'ARE est imposable |
Attention : l'ARE est soumise au prélèvement à la source. France Travail applique votre taux personnalisé transmis par l'administration fiscale, ou un taux neutre à défaut. Le montant qui arrive sur votre compte est donc l'allocation nette diminuée de cet impôt. Comme le passage au chômage fait souvent chuter le revenu, il peut être judicieux de demander une modulation de votre taux de prélèvement pour éviter d'avancer un impôt calculé sur vos salaires antérieurs.
Combien de temps serez-vous indemnisé ?
La règle est simple dans son principe : un jour travaillé ouvre droit à un jour indemnisé. Mais depuis la réforme de la contracyclicité, cette durée est affectée d'un coefficient de 0,75 tant que le taux de chômage national reste inférieur à 9 % et n'a pas progressé de 0,8 point sur un trimestre. La durée ainsi réduite ne peut jamais descendre en dessous de 182 jours, soit six mois. Le coefficient ne s'applique pas aux allocataires âgés de 55 ans et plus à la fin de leur contrat, ni à certaines populations spécifiques comme les intermittents ou les travailleurs de Mayotte.
| Âge à la fin du contrat | Durée maximale théorique | Durée maximale après coefficient |
|---|---|---|
| Moins de 55 ans | 730 jours (24 mois) | 548 jours (18 mois) |
| 55 et 56 ans | 913 jours (30 mois) | 685 jours (22,5 mois) |
| 57 ans et plus | 1 095 jours (36 mois) | 822 jours (27 mois) |
À ces durées peut s'ajouter un complément de fin de droits en cas de retournement du marché du travail, ainsi que des dispositifs spécifiques pour les seniors en formation. Si vous reprenez un emploi avant l'épuisement de vos droits, le reliquat n'est pas perdu : il est conservé et peut être repris ultérieurement, dans la limite du délai de déchéance.
La dégressivité au septième mois
Les allocataires dont le salaire journalier de référence dépasse 159,68 euros, soit environ 4 850 euros bruts par mois, subissent une réduction de 30 % de leur allocation à compter du 7e mois d'indemnisation, c'est-à-dire après 182 jours indemnisés. Cette baisse ne peut toutefois pas ramener l'allocation en dessous de 92,57 euros bruts par jour. Depuis avril 2025, le dispositif épargne les personnes âgées de 55 ans et plus à la date de fin de leur contrat de travail. Un cadre indemnisé 112 euros par jour verra donc son allocation ramenée à 92,57 euros au septième mois, soit une perte d'environ 580 euros bruts par mois.
- Le seuil s'apprécie sur le SJR, pas sur le salaire brut affiché sur le bulletin de paie.
- Le compteur des 182 jours ne tourne que pendant les périodes effectivement indemnisées.
- Une reprise d'activité qui suspend l'indemnisation décale d'autant l'application de la dégressivité.
- La formation professionnelle indemnisée en AREF suspend également la dégressivité.
Trois profils, trois montants
Les ordres de grandeur ci-dessous illustrent la logique du barème pour un parcours d'activité continu de 24 mois, hors prélèvement à la source. Le taux de remplacement, c'est-à-dire le rapport entre l'allocation nette et l'ancien salaire brut, décroît à mesure que la rémunération augmente : c'est l'effet combiné de la partie fixe, du plancher et de la dégressivité.
| Salaire brut mensuel | SJR | ARE brute / jour | ARE nette / mois | Taux de remplacement |
|---|---|---|---|---|
| 1 400 € | 46,03 € | 32,13 € | ≈ 964 € | ≈ 69 % |
| 2 500 € | 82,19 € | 46,85 € | ≈ 1 332 € | ≈ 53 % |
| 6 000 € | 197,26 € | 112,44 € | ≈ 2 974 € | ≈ 50 % |
Ces estimations complètent utilement le calcul de vos indemnités de départ. Selon votre situation, vous pouvez également chiffrer votre indemnité de licenciement, simuler une rupture conventionnelle et son différé chômage, ou vérifier le montant de votre prime de précarité de fin de CDD.
Questions fréquentes
Puis-je toucher l'ARE après une démission ?
Oui, dans deux cas. Si votre démission figure parmi les motifs reconnus comme légitimes (suivi de conjoint, mariage, violences, non-paiement des salaires, entre autres), les droits sont ouverts immédiatement. Sinon, vous pouvez démissionner pour un projet de reconversion professionnelle validé par une commission paritaire, à condition d'avoir travaillé cinq ans de manière continue. À défaut, un réexamen de votre dossier est possible après 121 jours de recherche active.
L'allocation est-elle versée sur 30 ou 31 jours ?
France Travail verse l'allocation journalière multipliée par le nombre de jours du mois civil. Les mois de 31 jours donnent donc lieu à un versement légèrement supérieur, et février à un versement plus faible. Notre simulateur retient une base de 30 jours pour offrir un repère mensuel stable et comparable d'un mois à l'autre.
Que se passe-t-il si je reprends un emploi à temps partiel ?
Le cumul est possible grâce au mécanisme d'activité réduite. France Travail déduit 70 % de votre salaire brut mensuel du montant de votre allocation mensuelle, le solde vous étant versé. Le total, salaire plus allocation, ne peut pas dépasser votre ancien salaire de référence. Les jours non indemnisés sont reportés en fin de droits, ce qui allonge d'autant votre période d'indemnisation.
Pourquoi le montant estimé diffère-t-il de celui annoncé par France Travail ?
Un simulateur raisonne sur un salaire moyen et une activité continue, alors que France Travail reconstitue votre SJR jour par jour à partir des données transmises par vos employeurs. Les périodes d'inactivité, les temps partiels, les arrêts maladie, les primes rattachées à une autre période ou le plafonnement des salaires élevés créent des écarts. En cas de désaccord sur le montant notifié, vous pouvez demander le détail du calcul puis saisir le médiateur régional.
L'ARE est-elle imposable ?
Oui. Les allocations chômage sont imposables au titre de l'impôt sur le revenu et figurent sur votre déclaration préremplie. Elles font l'objet du prélèvement à la source. Seules certaines allocations de solidarité, comme l'ASS, échappent à cette imposition.
Les montants vont-ils augmenter en 2026 ?
Aucune revalorisation n'est intervenue au 1er juillet 2026, faute de majorité au conseil d'administration de l'Unédic. La partie fixe reste donc à 13,18 euros et l'allocation minimale à 32,13 euros. Une revalorisation pourra être décidée ultérieurement ; en attendant, les paramètres de ce simulateur correspondent au barème en vigueur.

Baptiste conçoit et rédige les outils et contenus publiés sur un-calcul.fr. Sa démarche repose sur la clarté et la précision : chaque calculatrice est pensée pour fournir un résultat fiable, compréhensible et directement utilisable par tous.
