Calculatrice de rendement d’assurance-vie après fiscalité

L’assurance-vie reste le placement préféré des Français, mais l’impôt vient grignoter vos gains au moment du rachat. Estimez en quelques secondes ce qu’il vous restera vraiment, après fiscalité, grâce à l’outil ci-dessous.

Rendement net d’assurance-vie après fiscalité

Montant net perçu après fiscalité

Gains bruts
Abattement appliqué
Impôt sur le revenu
Prélèvements sociaux
Fiscalité totale
Taux effectif / gains

Pourquoi le rendement affiché n’est pas le rendement réel

Quand un assureur annonce un rendement de 3 % sur son fonds en euros ou une belle performance sur une unité de compte, ce chiffre est brut : il ne tient pas compte de l’impôt prélevé au moment où vous récupérez votre argent. Or l’assurance-vie n’est taxée qu’au rachat, c’est-à-dire lorsque vous retirez tout ou partie de votre épargne. Et bonne nouvelle, vous n’êtes jamais imposé sur la totalité du retrait : seule la part de plus-value comprise dans ce retrait entre dans l’assiette fiscale. Si vous avez versé 30 000 € et que votre contrat en vaut 38 000 €, les 30 000 € de capital ressortent sans impôt, et seuls les 8 000 € de gains sont susceptibles d’être taxés. Le rendement net que vous percevez réellement dépend donc de trois variables : l’âge du contrat, la date des versements et votre situation familiale.

Le cap décisif des 8 ans de détention

La durée de vie du contrat est le facteur le plus déterminant. Avant 8 ans, les gains issus des primes versées depuis le 27 septembre 2017 supportent le prélèvement forfaitaire unique (PFU), aussi appelé flat tax, au taux global de 30 % : 12,8 % au titre de l’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. Passé le cap des 8 ans, la fiscalité devient nettement plus douce. Le taux d’impôt sur le revenu tombe à 7,5 % et, surtout, vous bénéficiez chaque année d’un abattement sur vos gains. Le taux global descend alors à 24,7 %, et il est en pratique souvent bien inférieur grâce à cet abattement. C’est pourquoi les conseillers recommandent d’ouvrir un contrat tôt, même avec un faible montant, afin de « prendre date » et de faire courir le compteur des 8 ans.

Ancienneté du contratImpôt sur le revenuPrélèvements sociauxTaux globalAbattement annuel
Moins de 4 ans12,8 % (PFU)17,2 %30 %Aucun
Entre 4 et 8 ans12,8 % (PFU)17,2 %30 %Aucun
8 ans et plus7,5 %17,2 %24,7 %4 600 € ou 9 200 €
Fiscalité 2026 des gains issus de versements postérieurs au 27 septembre 2017.

L’abattement annuel après 8 ans : 4 600 € ou 9 200 €

C’est l’avantage le plus puissant de l’assurance-vie mature. À partir de la huitième année, vos plus-values bénéficient d’un abattement annuel avant application de l’impôt sur le revenu. Cet abattement s’élève à 4 600 € pour une personne seule et à 9 200 € pour un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune. Concrètement, tant que la part de gains contenue dans vos rachats annuels reste sous ce seuil, vous ne payez aucun impôt sur le revenu, seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % restant dus. Cet abattement se renouvelle chaque année civile, ce qui ouvre une stratégie simple et efficace : fractionner ses retraits sur plusieurs années pour effacer, ou réduire fortement, l’imposition sur le revenu.

  • L’abattement s’applique uniquement à la part de plus-value du rachat, jamais au capital récupéré.
  • Il vaut pour l’ensemble de vos contrats d’assurance-vie, pas par contrat.
  • Il ne concerne que l’impôt sur le revenu : les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus sur la totalité des gains.
  • Tout abattement non utilisé une année est définitivement perdu, il ne se reporte pas.

Les prélèvements sociaux : 17,2 % dans tous les cas

Quelle que soit l’ancienneté du contrat, les prélèvements sociaux de 17,2 % s’appliquent toujours sur les gains. Ils regroupent la CSG, la CRDS et le prélèvement de solidarité. Sur les fonds en euros, ils sont prélevés « au fil de l’eau » chaque année, lors de l’inscription des intérêts ; sur les unités de compte, ils ne sont dus qu’au moment du rachat ou du dénouement du contrat. Un point important pour 2026 : la loi de finances a relevé les prélèvements sociaux de certains placements à 18,6 %, mais l’assurance-vie en a été explicitement exclue. Son taux reste donc fixé à 17,2 %, ce qui maintient son taux global maximal à 30 % avant 8 ans, là où d’autres produits passent à 31,4 %. L’assurance-vie conserve ainsi son avantage fiscal relatif.

Exemple chiffré : un rachat après 8 ans

Prenons un contrat de plus de 8 ans détenu par une personne seule. Elle a versé 30 000 € de primes et son contrat vaut aujourd’hui 38 000 €, soit 8 000 € de gains. Si elle rachète l’intégralité, l’abattement de 4 600 € vient réduire l’assiette de l’impôt sur le revenu : seuls 3 400 € sont imposés à 7,5 %, soit 255 € d’impôt. Les prélèvements sociaux, eux, frappent la totalité des 8 000 € de gains à 17,2 %, soit 1 376 €. La fiscalité totale atteint donc 1 631 €, et la personne perçoit nettement 36 369 € sur ses 38 000 €. Le taux effectif d’imposition sur les gains tombe à environ 20,4 %, bien en dessous des 24,7 % théoriques, grâce à l’abattement. Le tableau ci-dessous compare ce même rachat selon l’ancienneté du contrat.

SituationGainsImpôt sur le revenuPrélèvements sociauxNet perçu
Contrat < 8 ans8 000 €1 024 € (12,8 %)1 376 €35 600 €
Contrat > 8 ans, seul8 000 €255 € (7,5 % sur 3 400 €)1 376 €36 369 €
Contrat > 8 ans, couple8 000 €0 € (gains < 9 200 €)1 376 €36 624 €
Comparaison d’un même rachat de 38 000 € selon l’ancienneté et la situation familiale.

Cas particuliers à connaître

Deux situations modifient le calcul. D’abord, le seuil de 150 000 € de primes : au-delà de ce montant de versements nets détenus sur l’ensemble de vos contrats, la fraction de gains correspondante reste taxée à 12,8 % au lieu de 7,5 % même après 8 ans, l’abattement annuel continuant toutefois de s’appliquer. Ensuite, la transmission : l’assurance-vie dispose d’un régime successoral propre. Pour les primes versées avant 70 ans, chaque bénéficiaire profite d’un abattement de 152 500 € avant taxation. Pour les versements effectués après 70 ans, un abattement global de 30 500 € s’applique, mais les gains sont alors totalement exonérés de droits de succession. Enfin, les contrats alimentés par des primes versées avant le 27 septembre 2017 relèvent d’un régime ancien, avec une option pour le prélèvement forfaitaire libératoire dont les taux varient selon la durée. Pour ces cas complexes, l’avis d’un conseiller en gestion de patrimoine reste précieux.

Pour aller plus loin dans vos calculs d’épargne, vous pouvez aussi consulter notre calculatrice d’intérêts composés, notre calculatrice de budget mensuel ou encore notre calculatrice de capacité d’emprunt immobilier pour piloter l’ensemble de vos projets financiers.

Questions fréquentes

Suis-je imposé si je ne retire pas mon argent ?

Non. Tant que vous ne procédez à aucun rachat, vos gains ne supportent aucun impôt sur le revenu. Seuls les prélèvements sociaux sur le fonds en euros sont prélevés chaque année automatiquement. C’est tout l’intérêt de l’assurance-vie : la capitalisation des gains sans imposition immédiate.

L’impôt porte-t-il sur tout le montant retiré ?

Non, uniquement sur la part de plus-value contenue dans le rachat. Le capital que vous aviez versé ressort toujours sans aucune taxation. L’assureur calcule automatiquement la proportion de gains de chaque retrait partiel.

L’abattement de 4 600 € est-il annuel ?

Oui, il se renouvelle chaque année civile pour les contrats de plus de 8 ans. En étalant vos rachats sur plusieurs années, vous pouvez utiliser plusieurs fois cet abattement et réduire fortement, voire annuler, votre impôt sur le revenu.

Vaut-il mieux choisir le PFU ou le barème ?

Vous pouvez opter pour l’imposition au barème progressif de l’impôt sur le revenu plutôt que le taux forfaitaire. C’est intéressant si votre taux marginal d’imposition est faible (0 % ou 11 %). L’administration applique d’office la solution la plus avantageuse uniquement pour le taux de 7,5 % après 8 ans ; au-delà, vous devez cocher l’option vous-même.

Cette calculatrice remplace-t-elle un conseil personnalisé ?

Non. L’outil donne une estimation fiable pour le cas courant des versements postérieurs à 2017. Pour les contrats anciens, les gros patrimoines au-delà de 150 000 € ou les questions de succession, rapprochez-vous de votre assureur ou d’un conseiller en gestion de patrimoine.

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