Votre coefficient de bonus-malus décide chaque année du prix de votre assurance auto. Renseignez votre CRM actuel et vos éventuels sinistres ci-dessous : la calculatrice affiche instantanément votre nouveau coefficient et la prime correspondante.
Calculatrice de bonus-malus auto
Estimation indicative fondée sur les règles de l’annexe de l’article A.121-1 du Code des assurances : bonus plancher 0,50, malus plafond 3,50, coefficient arrondi par défaut à deux décimales. Votre assureur applique en plus ses propres critères tarifaires.
Le CRM : un coefficient unique qui suit le conducteur, pas la voiture
Ce que tout le monde appelle « bonus-malus » porte un nom officiel : le coefficient de réduction-majoration, ou CRM. Il s'agit d'un multiplicateur appliqué à la prime de référence calculée par votre assureur, c'est-à-dire au tarif qu'il facturerait à un conducteur au coefficient neutre de 1,00 pour le même véhicule, la même formule et la même zone géographique. Ce mécanisme n'est pas commercial : il est encadré par l'annexe de l'article A.121-1 du Code des assurances et s'impose de la même façon à toutes les compagnies opérant en France. Un assureur ne peut donc ni inventer son propre barème de bonus, ni refuser d'appliquer la réduction acquise chez un concurrent.
Point essentiel souvent mal compris : le CRM est attaché au conducteur et non au véhicule. Si vous vendez votre voiture et en assurez une autre, votre coefficient vous suit. Si vous changez de compagnie, il vous suit également, car le relevé d'information que votre ancien assureur doit vous remettre sous quinze jours mentionne votre coefficient et l'historique des sinistres des cinq dernières années. En revanche, le CRM ne se transmet pas entre conjoints ni entre parent et enfant : chaque conducteur principal construit le sien. Le coefficient évolue une fois par an, à l'échéance annuelle du contrat, et jamais au fil de l'eau.
Comment se calcule le bonus année après année
La règle du bonus est d'une simplicité redoutable : chaque année d'assurance sans sinistre responsable multiplie votre coefficient par 0,95, soit une réduction de 5 %. La subtilité tient au fait que la réduction s'applique au coefficient de l'année précédente et non au coefficient initial : il s'agit d'une décroissance géométrique, pas d'un retrait linéaire de 5 points. Après deux années sans accroc, vous n'êtes donc pas à 0,90 mais à 0,90 arrondi par défaut, puis à 0,85, puis 0,81 et ainsi de suite. Le coefficient obtenu est systématiquement arrondi par défaut à la deuxième décimale, ce qui joue légèrement en votre faveur au fil des années.
Cette descente s'arrête net à 0,50, le plancher réglementaire. Il faut treize années pleines sans sinistre responsable pour l'atteindre depuis un coefficient de départ de 1,00, la quatorzième année consolidant la position. Aucun assureur ne peut descendre sous ce seuil au titre du bonus-malus, mais rien ne l'empêche d'accorder par ailleurs des réductions commerciales, une remise fidélité ou un tarif préférentiel lié à un boîtier de conduite connectée. Ces gestes commerciaux ne modifient pas le CRM inscrit sur votre relevé d'information.
| Années sans sinistre | Coefficient (CRM) | Réduction obtenue | Prime sur une base de 720 € |
|---|---|---|---|
| 0 (entrée) | 1,00 | 0 % | 720 € |
| 1 an | 0,95 | -5 % | 684 € |
| 2 ans | 0,90 | -10 % | 648 € |
| 3 ans | 0,85 | -15 % | 612 € |
| 5 ans | 0,76 | -24 % | 547 € |
| 7 ans | 0,69 | -31 % | 497 € |
| 10 ans | 0,59 | -41 % | 425 € |
| 13 ans et plus | 0,50 | -50 % | 360 € |
Ce qui déclenche un malus : responsabilité totale ou partagée
À l'inverse, chaque sinistre dans lequel votre responsabilité est intégralement engagée multiplie le coefficient par 1,25, soit une majoration de 25 %. Lorsque la responsabilité est partagée entre les deux conducteurs, la majoration est réduite de moitié : le multiplicateur descend à 1,125, soit 12,5 %. Deux sinistres responsables la même année se cumulent multiplicativement : 1,25 × 1,25 = 1,5625, arrondi à 1,56. Le malus n'est pas non plus illimité, puisqu'il est plafonné à 3,50, ce qui correspond tout de même à une prime multipliée par trois et demi.
Tous les sinistres ne comptent pas. Sont neutres pour le coefficient : le vol, l'incendie, le bris de glace, les dommages liés à une catastrophe naturelle ou technologique, le stationnement régulier percuté par un tiers identifié, et plus généralement tout sinistre dans lequel vous n'êtes pas responsable. Un accident causé par un tiers non identifié en délit de fuite ne majore pas non plus votre coefficient, à condition que les circonstances soient établies. En revanche, la conduite sous l'emprise de l'alcool ou de stupéfiants, ou le délit de fuite de votre part, ouvre la voie à des majorations supplémentaires prévues par les conditions générales, qui viennent s'ajouter au malus réglementaire.
| Situation sur la période | Multiplicateur | CRM depuis 1,00 | Prime sur une base de 720 € |
|---|---|---|---|
| Aucun sinistre responsable | × 0,95 | 0,95 | 684 € |
| 1 sinistre en tort partagé | × 1,125 | 1,12 | 806 € |
| 1 sinistre 100 % responsable | × 1,25 | 1,25 | 900 € |
| 2 sinistres responsables | × 1,5625 | 1,56 | 1 123 € |
| 3 sinistres responsables | × 1,9531 | 1,95 | 1 404 € |
| 4 sinistres responsables | × 2,4414 | 2,44 | 1 757 € |
| Plafond réglementaire | — | 3,50 | 2 520 € |
La période de référence : pourquoi votre relevé s'arrête deux mois avant l'échéance
Le calcul ne porte pas sur l'année civile ni sur l'année de contrat au sens strict, mais sur une période de référence de douze mois consécutifs qui se termine deux mois avant l'échéance annuelle. Si votre contrat arrive à échéance le 1er juin 2026, la période examinée court du 1er avril 2025 au 31 mars 2026. Ce décalage de deux mois existe pour une raison pratique : il laisse à l'assureur le temps d'instruire les dossiers récents, de déterminer les responsabilités et d'éditer l'avis d'échéance avec un tarif définitif.
Conséquence concrète : un accident survenu dans les deux mois précédant votre échéance ne se répercutera pas sur la prime de l'année à venir, mais sur celle de l'année suivante. Autre conséquence, un contrat qui a duré moins de dix mois ne permet pas d'acquérir de bonus, car la période de référence n'est pas complète. C'est ce qui explique qu'un conducteur multipliant les résiliations et les souscriptions en cours d'année peine à faire progresser son coefficient, même sans le moindre sinistre.
Descente rapide et bonus à vie : les deux garde-fous du système
Le législateur a prévu deux mécanismes qui évitent qu'un mauvais millésime ne condamne un conducteur pour dix ans. Le premier est la descente rapide : après deux années consécutives sans aucun sinistre responsable, le coefficient est ramené d'office à 1,00 s'il lui était supérieur. Un conducteur passé à 1,56 après deux accidents retrouve donc un coefficient neutre au bout de deux années propres, au lieu des huit années qu'exigerait la seule décroissance de 5 % par an. C'est exactement ce que reproduit la ligne « CRM dans 3 ans sans sinistre » de la calculatrice ci-dessus.
Le second garde-fou est le bonus à vie, parfois appelé bonus 50 protégé. Un conducteur qui affiche un coefficient de 0,50 pendant trois années consécutives conserve ce coefficient malgré un premier sinistre responsable. Le compteur de protection se remet ensuite à zéro : un deuxième sinistre, lui, sera bien majoré. Attention, cette règle figure dans les conditions générales de la plupart des contrats mais reste une garantie contractuelle et non une obligation légale absolue : vérifiez sa présence dans votre contrat avant de compter dessus.
- Le CRM évolue une seule fois par an, à l'échéance annuelle du contrat.
- Il est arrondi par défaut à deux décimales, jamais au supérieur.
- Le plancher est de 0,50 et le plafond de 3,50, sans exception réglementaire.
- Un contrat de moins de dix mois ne génère aucun bonus.
- Le relevé d'information doit vous être remis sous quinze jours sur simple demande.
- Un malus disparaît totalement du relevé après deux années consécutives sans sinistre.
Combien coûte réellement un malus en euros
Pour mesurer l'impact du coefficient, il faut le rapporter aux tarifs réels du marché. En 2026, la prime moyenne d'assurance auto en France se situe autour de 720 à 750 € par an toutes formules confondues, avec un écart considérable entre une formule au tiers, proche de 640 €, et une couverture tous risques qui dépasse 1 100 €. Un jeune conducteur paie en moyenne près de 880 € par an, surcoût de novice compris. Sur ces bases, un unique sinistre responsable qui fait passer le coefficient de 1,00 à 1,25 renchérit la facture d'environ 180 € par an sur une formule intermédiaire, et de plus de 275 € sur une tous risques.
Ce calcul explique pourquoi il est parfois rationnel de ne pas déclarer un petit sinistre matériel dont vous êtes responsable, lorsque le montant des dégâts est inférieur à la franchise augmentée du surcoût de prime cumulé sur les années nécessaires pour effacer le malus. Un pare-chocs à 600 € de réparation, avec 300 € de franchise et 180 € de majoration annuelle pendant deux ans, laisse une marge très mince en faveur de la déclaration. Attention toutefois : dès qu'un tiers est impliqué, la déclaration reste obligatoire, et dissimuler un sinistre déclaré par l'autre partie constitue une fausse déclaration. Le même raisonnement de coût total s'applique quand vous comparez les dépenses de votre véhicule, comme dans notre calculatrice d'économies de carburant.
Cas particuliers : jeune conducteur, second véhicule et changement d'assureur
Un conducteur qui s'assure pour la première fois démarre obligatoirement à 1,00. La surprime de jeune conducteur, qui peut atteindre 100 % la première année puis décroître de moitié chaque année sans sinistre, est un mécanisme distinct du bonus-malus : elle s'ajoute au coefficient sans le modifier. La conduite accompagnée permet généralement de réduire cette surprime de moitié dès la souscription. Pour un second véhicule dans le foyer, la plupart des assureurs acceptent d'appliquer le coefficient du conducteur principal, mais chaque contrat suit ensuite sa propre trajectoire.
Lors d'un changement de compagnie, le nouvel assureur reprend obligatoirement votre coefficient. Il conserve en revanche la liberté de fixer sa prime de référence, ce qui explique que deux devis affichant le même CRM puissent différer de plusieurs centaines d'euros. Une interruption d'assurance de plus de deux ans fait en principe perdre le bénéfice du bonus acquis, le conducteur repartant de 1,00. Enfin, si vous prévoyez d'acheter un véhicule, pensez à intégrer la prime dans votre budget global : notre simulateur de crédit auto et notre calculatrice de coût de recharge complètent utilement cette estimation.
Questions fréquentes
Où trouver mon coefficient de bonus-malus ?
Il figure sur votre avis d'échéance annuel et sur votre relevé d'information. Ce dernier document, que votre assureur doit vous fournir sous quinze jours sur simple demande, récapitule votre coefficient actuel et les sinistres des cinq dernières années avec leur taux de responsabilité.
Un bris de glace fait-il perdre le bonus ?
Non. Le bris de glace, comme le vol, l'incendie et les catastrophes naturelles, n'entre pas dans le calcul du CRM. Il peut néanmoins peser sur votre profil de risque et conduire l'assureur à revoir sa tarification ou à ne pas renouveler le contrat en cas de sinistres répétés.
Combien de temps faut-il pour effacer un malus ?
Deux années consécutives sans sinistre responsable suffisent : la règle de la descente rapide ramène alors automatiquement le coefficient à 1,00, quel que soit le niveau de malus atteint. La reconstitution d'un bonus repart ensuite de ce coefficient neutre, à raison de 5 % par an.
Mon conjoint peut-il me transmettre son bonus ?
Non, le CRM est strictement personnel. En revanche, un conducteur peut être déclaré comme conducteur secondaire sur le contrat de son conjoint, ce qui permet de constituer un historique d'assurance utile lors d'une future souscription en son nom propre, sans pour autant lui faire gagner un coefficient.
Le malus s'applique-t-il immédiatement après l'accident ?
Non, jamais en cours d'année. La majoration ne prend effet qu'à la prochaine échéance annuelle, et uniquement si le sinistre se situe dans la période de référence qui s'achève deux mois avant cette échéance. Un accident survenu très près de l'échéance sera donc compté l'année suivante.
Peut-on descendre en dessous de 0,50 ?
Pas au titre du bonus-malus, dont le plancher réglementaire est fixé à 0,50. Certains assureurs accordent toutefois des remises commerciales complémentaires pour les conducteurs de longue date, mais celles-ci n'apparaissent pas sur le relevé d'information et ne sont pas transférables chez un concurrent.

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