Un investissement rapporte-t-il vraiment plus qu’il ne coûte ? La VAN et le TRI répondent en une ligne. Renseignez vos flux ci-dessous, le calcul est immédiat et gratuit.
Calculatrice de VAN et de TRI
Flux de tresorerie nets attendus (EUR)
Valeur actuelle nette (VAN)
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Estimation indicative. Les flux sont supposes encaisses en fin d’annee. Laissez une annee a 0 si votre projet est plus court.
VAN et TRI : deux façons de mesurer la même chose
La valeur actuelle nette (VAN) et le taux de rendement interne (TRI) sont les deux critères de référence du choix d'investissement, aussi bien pour l'achat d'une machine que pour le lancement d'un produit ou la reprise d'un fonds de commerce. Tous deux reposent sur un principe unique : un euro encaissé dans cinq ans vaut moins qu'un euro encaissé aujourd'hui, parce que cet euro immobilisé aurait pu être placé ailleurs et parce que le futur est incertain. Actualiser, c'est ramener tous les flux futurs à leur valeur d'aujourd'hui avant de les comparer à la mise de départ. La VAN exprime le résultat en euros : elle indique combien de richesse le projet crée au-delà de la rémunération exigée par les apporteurs de capitaux. Le TRI exprime le même diagnostic en pourcentage : c'est le taux de rentabilité annuel moyen que dégage réellement le projet sur toute sa durée de vie.
La règle de décision est simple. Une VAN positive signifie que le projet rapporte davantage que le taux d'exigence retenu : il crée de la valeur et mérite d'être engagé. Une VAN négative signale l'inverse, même si le projet dégage des bénéfices comptables. Côté TRI, on compare le taux obtenu au coût du capital : un TRI de 16 % face à un coût du capital de 10 % laisse une marge de sécurité de six points. Les deux indicateurs sont cohérents entre eux sur un projet classique, mais ils peuvent diverger lorsqu'il s'agit de départager plusieurs projets de tailles ou de durées différentes, comme nous le verrons plus bas.
Les formules à connaître
La VAN se calcule en soustrayant l'investissement initial de la somme des flux de trésorerie futurs actualisés. Si I0 désigne la dépense de départ, CF le flux net encaissé à la fin de l'année n et t le taux d'actualisation, la formule s'écrit : VAN = -I0 + CF1 / (1 + t) + CF2 / (1 + t)² + ... + CFn / (1 + t)ⁿ. Le facteur (1 + t)ⁿ est le coefficient d'actualisation : à 10 %, un flux perçu dans trois ans est divisé par 1,331, soit une décote de 25 %. Les flux à retenir sont des flux de trésorerie nets, c'est-à-dire les encaissements moins les décaissements liés au projet, hors charges non décaissables comme les dotations aux amortissements et hors frais financiers, déjà pris en compte dans le taux d'actualisation.
Le TRI est le taux qui annule la VAN. Il n'existe pas de formule algébrique directe au-delà de deux périodes : on le détermine par itérations successives, exactement comme le fait le calculateur ci-dessus ou la fonction TRI d'un tableur. Deux indicateurs complémentaires méritent d'être regardés en même temps. L'indice de profitabilité rapporte la somme des flux actualisés à l'investissement initial : un indice de 1,16 signifie que chaque euro investi rapporte 1,16 euro en valeur d'aujourd'hui. Le délai de récupération actualisé indique au bout de combien d'années le cumul des flux actualisés compense la mise de départ ; c'est le meilleur indicateur du risque de liquidité du projet.
Quel taux d'actualisation retenir en 2026 ?
Le choix du taux d'actualisation est de loin le paramètre le plus sensible : deux points d'écart peuvent transformer une VAN positive en VAN négative sur un projet à horizon long. En pratique, on retient le coût moyen pondéré du capital (CMPC, ou WACC en anglais), qui mélange le coût de la dette après impôt et la rentabilité exigée par les actionnaires. Cette dernière se construit à partir du taux sans risque — l'OAT française à 10 ans, autour de 3,9 % à l'été 2026 — auquel on ajoute une prime de risque actions de l'ordre de 5 points, majorée d'une prime de taille et d'illiquidité pour les PME. Résultat : le CMPC d'une PME française se situe le plus souvent entre 9 % et 16 %, contre 7 % à 10 % pour une grande société cotée.
| Profil de projet ou secteur | Taux d'actualisation usuel 2026 |
|---|---|
| Grande entreprise cotée, activité stable | 7 % à 10 % |
| Télécoms, services aux collectivités | 7 % à 10 % |
| Industrie, construction, santé, services B2B | 10 % à 14 % |
| Logiciel, SaaS, technologies | 12 % à 16 % |
| Création d'entreprise, projet très incertain | 15 % à 25 % |
| Placement patrimonial sans levier | 3 % à 6 % |
Un réflexe utile consiste à tester plusieurs taux plutôt qu'un seul. Si la VAN reste positive entre 8 % et 15 %, la décision est robuste. Si elle bascule dès 11 %, le projet dépend entièrement d'hypothèses de financement favorables et mérite un examen plus prudent. La même logique vaut pour les flux : recalculez la VAN avec des recettes minorées de 20 % pour mesurer la résistance du projet à un scénario dégradé.
Exemple chiffré : 100 000 € investis sur cinq ans
Prenons l'achat d'une ligne de production de 100 000 €, financée à un coût du capital de 10 %, qui doit générer 25 000 € la première année, puis 30 000, 35 000, 35 000 et 30 000 € les années suivantes. Le cumul brut des flux atteint 155 000 €, ce qui donne l'illusion d'un gain de 55 000 €. Après actualisation, la réalité est plus mesurée : la somme des flux ramenés à aujourd'hui ne vaut que 116 350 €, soit une VAN de 16 350 €. Le projet crée bien de la valeur, mais la moitié du gain apparent s'évapore avec l'effet du temps.
| Année | Flux net | Coefficient (1,10)ⁿ | Flux actualisé | Cumul actualisé |
|---|---|---|---|---|
| 0 | -100 000 € | 1,000 | -100 000 € | -100 000 € |
| 1 | 25 000 € | 1,100 | 22 727 € | -77 273 € |
| 2 | 30 000 € | 1,210 | 24 793 € | -52 480 € |
| 3 | 35 000 € | 1,331 | 26 296 € | -26 184 € |
| 4 | 35 000 € | 1,464 | 23 906 € | -2 278 € |
| 5 | 30 000 € | 1,611 | 18 628 € | +16 350 € |
Le TRI de ce projet s'établit à 15,95 % : c'est le taux d'actualisation qui ferait tomber la VAN à zéro. L'écart de près de six points avec le coût du capital de 10 % constitue la marge de sécurité. Le délai de récupération actualisé de 4,1 ans indique en revanche que la mise n'est récupérée qu'en toute fin de quatrième année : si la machine tombe en panne ou si le marché se retourne avant, l'opération devient perdante. C'est exactement le type d'analyse que l'on prolonge en calculant le seuil de rentabilité du projet et la capacité d'autofinancement qui servira à le rembourser.
VAN, TRI ou délai de récupération : lequel privilégier ?
Aucun critère ne suffit à lui seul. La VAN reste le juge de paix théorique, parce qu'elle mesure une création de valeur en euros et qu'elle est additive : la VAN d'un portefeuille de projets est la somme des VAN individuelles. Le TRI parle davantage aux dirigeants et permet de comparer instantanément un projet industriel à un placement financier, mais il ignore la taille de l'opération. Un TRI de 40 % sur 5 000 € investis pèse moins lourd qu'un TRI de 13 % sur 400 000 €. Le délai de récupération, enfin, ne dit rien de la rentabilité globale mais tout du risque : c'est le critère préféré des entreprises à trésorerie tendue.
| Critère | Ce qu'il mesure | Décision favorable | Principale limite |
|---|---|---|---|
| VAN | Création de valeur en euros | VAN > 0 | Très sensible au taux retenu |
| TRI | Rentabilité annuelle du projet | TRI > coût du capital | Ignore la taille du projet |
| Indice de profitabilité | Valeur créée par euro investi | IP > 1 | Peu parlant hors arbitrage |
| Délai actualisé | Vitesse de récupération de la mise | Inférieur à la durée de vie | Ignore les flux ultérieurs |
La bonne pratique consiste à regarder les quatre indicateurs ensemble, comme le fait le calculateur en haut de page, puis à trancher selon la contrainte dominante : maximiser la valeur créée quand les capitaux sont disponibles, maximiser l'indice de profitabilité quand le budget d'investissement est plafonné, minimiser le délai de récupération quand la trésorerie est le facteur limitant. Pour un projet immobilier, on complétera utilement l'analyse par le calcul de la rentabilité locative nette, qui raisonne en rendement annuel plutôt qu'en valeur actualisée.
Les pièges classiques du TRI
Le TRI a mauvaise réputation chez les financiers, et pour de bonnes raisons. Il repose sur une hypothèse implicite discutable : celle que les flux encaissés en cours de projet sont réinvestis au taux du TRI lui-même. Or personne ne replace mécaniquement sa trésorerie à 16 % par an. Plus le TRI est élevé, plus cette hypothèse gonfle artificiellement la performance affichée. C'est la raison pour laquelle on lui préfère parfois le TRI modifié, qui réinvestit explicitement les flux au coût du capital.
- Flux alternés : si la série de flux change plusieurs fois de signe (par exemple une grosse dépense de remise à niveau en année 4), plusieurs TRI mathématiquement valables peuvent exister. La VAN reste alors le seul critère fiable.
- Projets de durées différentes : comparer le TRI d'un projet de 3 ans à celui d'un projet de 10 ans n'a pas de sens sans renouvellement des hypothèses.
- Absence de TRI : un projet dont les flux ne remboursent jamais la mise n'a pas de TRI réel ; le calculateur affiche alors « n. d. ».
- Flux mal construits : oublier la variation du besoin en fonds de roulement ou la valeur résiduelle du matériel en fin de vie fausse tout le calcul.
- Fiscalité négligée : les flux doivent être nets d'impôt sur les sociétés pour être comparables au coût du capital après impôt.
Un dernier point mérite attention : la valeur résiduelle. Beaucoup de projets conservent une valeur marchande en fin d'horizon, qu'il s'agit d'ajouter au flux de la dernière année. Sur un matériel revendu 20 000 € en année 5, cette seule ligne peut faire basculer une VAN négative en VAN positive. Ne l'oubliez pas dans le champ de la dernière année du simulateur, en tenant compte de la plus-value éventuellement imposable et du solde d'amortissement comptable restant.
Questions fréquentes
Quelle différence entre VAN et TRI ?
La VAN exprime en euros la richesse créée par un projet une fois rémunérés les capitaux investis. Le TRI traduit la même information en taux annuel : c'est le taux d'actualisation pour lequel la VAN devient nulle. Les deux critères aboutissent au même verdict d'acceptation, mais peuvent classer différemment plusieurs projets concurrents.
Une VAN négative signifie-t-elle que le projet perd de l'argent ?
Pas nécessairement. Une VAN négative signifie que le projet rapporte moins que le taux d'exigence retenu. Il peut rester bénéficiaire comptablement tout en détruisant de la valeur pour les apporteurs de capitaux, parce que les mêmes fonds placés ailleurs auraient rapporté davantage.
Quel taux d'actualisation choisir quand on ne connaît pas son CMPC ?
Un repère raisonnable pour une PME en 2026 est de partir du taux de son crédit bancaire majoré de trois à cinq points, ce qui place la plupart des projets entre 9 % et 14 %. Testez systématiquement une fourchette plutôt qu'une valeur unique.
Faut-il inclure les intérêts d'emprunt dans les flux ?
Non, dans l'approche classique. Le coût du financement est déjà intégré au taux d'actualisation. Inclure les intérêts dans les flux reviendrait à les compter deux fois et minorerait artificiellement la VAN.
Pourquoi mon TRI affiche-t-il « n. d. » ?
Cela signifie qu'aucun taux ne permet d'annuler la VAN dans la plage explorée : le cumul des flux ne rembourse jamais l'investissement initial, ou la série de flux est trop atypique. Vérifiez le montant de départ et les flux saisis.
Le calculateur convient-il à un projet de plus de six ans ?
Le simulateur couvre six exercices. Pour un horizon plus long, regroupez les dernières années en intégrant une valeur terminale dans le flux de l'année 6, calculée par exemple comme le flux normatif divisé par le taux d'actualisation diminué du taux de croissance à long terme.

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