L’assurance emprunteur représente souvent le deuxième poste de coût d’un crédit immobilier, juste après les intérêts. Calculez la vôtre en quelques secondes avec l’outil ci-dessous.
Estimation indicative hors frais de dossier et de garantie. Le TAEA est reconstitué par comparaison entre le taux actuariel du prêt avec et sans assurance.
À quoi sert l'assurance de prêt immobilier ?
L'assurance emprunteur garantit le remboursement du capital restant dû à l'établissement prêteur si vous ne pouvez plus honorer vos échéances à la suite d'un décès, d'une invalidité ou d'un arrêt de travail prolongé. Aucun texte ne la rend juridiquement obligatoire, mais dans les faits aucune banque n'accorde un prêt immobilier sans elle : elle conditionne l'accord de financement au même titre que la garantie hypothécaire ou la caution. Elle protège autant la banque que votre famille, puisqu'elle évite à vos héritiers d'hériter d'une dette ou d'être contraints de vendre le logement. Son coût n'est pas anecdotique : sur un prêt de 200 000 euros sur vingt ans, elle pèse fréquemment entre 8 et 16 % du coût total du crédit, parfois davantage lorsque l'emprunteur est âgé ou fumeur. C'est aussi le seul poste de votre financement que vous pouvez renégocier librement après la signature, ce qui en fait le levier d'économie le plus accessible.
Capital initial ou capital restant dû : deux modes de calcul
Le taux d'assurance affiché ne suffit jamais à comparer deux offres, car il ne s'applique pas à la même assiette selon le type de contrat. Le contrat groupe proposé par la banque calcule presque toujours la cotisation sur le capital initial : la prime est alors constante du premier au dernier mois, quel que soit le capital effectivement remboursé. La formule est simple : capital emprunté multiplié par le taux annuel, multiplié par la quotité, divisé par douze. À l'inverse, la plupart des contrats individuels souscrits en délégation appliquent le taux au capital restant dû : la cotisation est élevée au début puis décroît chaque mois à mesure que la dette s'amortit. À taux nominal identique, cette seconde formule coûte environ 40 à 45 % de moins sur la durée totale d'un prêt de vingt ans. C'est pourquoi le législateur impose l'affichage du TAEA, le taux annuel effectif d'assurance, qui ramène toutes les offres à une base comparable exprimée en pourcentage du capital emprunté.
Barème indicatif des taux d'assurance en 2026
Les taux dépendent avant tout de l'âge à la souscription, du statut fumeur ou non-fumeur, de la profession et du niveau de garanties retenu. Les fourchettes ci-dessous concernent un emprunteur non-fumeur, sans risque aggravé de santé, couvert en décès, perte totale et irréversible d'autonomie, incapacité temporaire et invalidité permanente. Un fumeur paie généralement 30 à 50 % de plus à profil équivalent, et une profession exposée ou un sport à risque déclaré peut entraîner une surprime supplémentaire.
| Âge à la souscription | Contrat groupe bancaire | Contrat en délégation |
|---|---|---|
| 25 à 35 ans | 0,25 % à 0,40 % | 0,08 % à 0,15 % |
| 35 à 45 ans | 0,35 % à 0,55 % | 0,15 % à 0,30 % |
| 45 à 55 ans | 0,55 % à 0,80 % | 0,30 % à 0,55 % |
| 55 ans et plus | 0,80 % à 1,20 % | 0,50 % à 0,90 % |
Exemple chiffré sur un prêt de 200 000 euros
Prenons un emprunt de 200 000 euros sur vingt ans au taux nominal de 3,30 %, soit une mensualité hors assurance de 1 139,47 euros et environ 73 473 euros d'intérêts. Le tableau suivant compare trois scénarios courants pour un emprunteur seul assuré à 100 %. On mesure immédiatement l'ampleur de l'écart : le passage d'un contrat groupe à 0,34 % sur capital initial à une délégation à 0,12 % sur capital restant dû fait tomber la facture de 13 600 à moins de 2 700 euros, soit près de 11 000 euros économisés sans toucher au taux du crédit lui-même.
| Scénario | Taux | Assiette | Coût total | Part du coût du crédit |
|---|---|---|---|---|
| Contrat groupe | 0,34 % | Capital initial | 13 600 € | 15,6 % |
| Contrat groupe | 0,34 % | Capital restant dû | 7 570 € | 9,3 % |
| Délégation | 0,12 % | Capital restant dû | 2 671 € | 3,5 % |
Les garanties et leur rôle
Le niveau de couverture détermine le prix autant que votre profil. Un contrat limité au décès coûte beaucoup moins cher, mais laisse sans protection en cas d'arrêt de travail durable. Pour une résidence principale, les banques exigent presque systématiquement le socle décès, perte totale d'autonomie, incapacité et invalidité.
- DC (décès) : l'assureur rembourse le capital restant dû à hauteur de la quotité assurée.
- PTIA : perte totale et irréversible d'autonomie, lorsque l'assuré ne peut plus exercer d'activité et nécessite l'assistance d'un tiers.
- ITT : incapacité temporaire totale de travail, prise en charge des mensualités après une franchise de 30 à 180 jours selon le contrat.
- IPT : invalidité permanente totale, à partir d'un taux d'invalidité de 66 %.
- IPP : invalidité permanente partielle, entre 33 % et 66 %, souvent optionnelle et indemnisée au prorata.
- Perte d'emploi : garantie facultative, coûteuse et très encadrée, rarement rentable.
La quotité : bien répartir la couverture à deux
La quotité correspond à la part du capital couverte pour chaque emprunteur. Sur un prêt souscrit à deux, la banque exige un total d'au moins 100 %, mais la répartition reste libre et peut atteindre 200 %. Une couverture de 50 % chacun est la solution la moins chère : au décès de l'un, la moitié de la dette seulement est effacée et le survivant continue de payer l'autre moitié. Une couverture de 100 % sur chaque tête, soit 200 % au total, double la cotisation mais solde intégralement le prêt au premier sinistre. Entre les deux, une répartition proportionnelle aux revenus, par exemple 70 % et 30 %, offre un compromis souvent pertinent lorsque les salaires sont déséquilibrés. Pensez à ajuster la quotité au budget que le survivant pourrait réellement supporter seul, en tenant compte de sa capacité d'emprunt et de ses charges courantes.
Changer d'assurance grâce à la loi Lemoine
Depuis la loi Lemoine, vous pouvez résilier et remplacer votre assurance emprunteur à tout moment, sans frais ni date anniversaire à respecter, dès lors que le nouveau contrat présente des garanties au moins équivalentes à celles exigées par la banque. Cette dernière dispose de dix jours ouvrés pour répondre et doit motiver tout refus. Le texte a également supprimé le questionnaire de santé lorsque deux conditions cumulatives sont réunies : la part assurée ne dépasse pas 200 000 euros par emprunteur, soit 400 000 euros pour un couple assuré à 50 % chacun, et le prêt est intégralement remboursé avant le 60e anniversaire de l'assuré. Enfin, le droit à l'oubli a été ramené de dix à cinq ans pour les anciens malades d'un cancer ou d'une hépatite C : passé ce délai après la fin du protocole thérapeutique et sans rechute, la pathologie n'a plus à être déclarée. Avant de lancer la démarche, comparez le coût total restant plutôt que la seule mensualité, et vérifiez l'impact global sur votre opération en reprenant votre simulation de crédit immobilier et vos frais de notaire.
Questions fréquentes
L'assurance emprunteur est-elle obligatoire ?
Aucune loi ne l'impose, mais toutes les banques en font une condition d'octroi du prêt immobilier. Vous êtes en revanche totalement libre du choix de l'assureur.
Quelle différence entre le taux d'assurance et le TAEA ?
Le taux d'assurance s'applique à une assiette qui varie selon les contrats. Le TAEA, lui, exprime le surcoût réel de l'assurance rapporté au capital emprunté : c'est le seul indicateur réellement comparable d'une offre à l'autre.
Combien peut-on économiser en changeant d'assurance ?
L'économie dépend de l'âge et du capital restant à rembourser, mais elle dépasse fréquemment 5 000 euros sur un prêt de 200 000 euros, et peut atteindre 10 000 à 15 000 euros pour un emprunteur jeune assuré au contrat groupe.
La banque peut-elle refuser mon nouveau contrat ?
Uniquement si les garanties ne sont pas équivalentes à celles de sa fiche standardisée d'information. Le refus doit être écrit, motivé et notifié dans les dix jours ouvrés suivant la demande.
Faut-il vraiment s'assurer à 200 % en couple ?
Ce n'est pas obligatoire, mais c'est la seule formule qui solde intégralement le prêt au décès de l'un des deux. Le surcoût doit être mis en balance avec la capacité du survivant à assumer seul les mensualités restantes.
Le questionnaire de santé est-il toujours supprimé ?
Non, seulement si la part assurée reste sous 200 000 euros par emprunteur et si le prêt s'achève avant vos 60 ans. Les deux conditions doivent être réunies simultanément.

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