Racheter des trimestres permet de partir plus tôt ou d’effacer une décote, mais l’addition grimpe vite avec l’âge. Estimez le coût réel de votre versement pour la retraite avec le simulateur ci-dessous.
Simulateur de rachat de trimestres 2026
Bareme officiel CNAV applicable aux demandes de versement pour la retraite deposees en 2026 (PASS 2026 : 48 060 euros). Le gain de pension et la duree d’amortissement sont des estimations indicatives calculees sur une duree de reference de 172 trimestres, hors retraite complementaire.
Le rachat de trimestres, ou versement pour la retraite (VPLR)
Le rachat de trimestres porte un nom officiel dans le code de la Sécurité sociale : le versement pour la retraite, souvent abrégé VPLR. Il s'agit d'un paiement volontaire effectué auprès de votre caisse de retraite de base afin d'inscrire à votre relevé de carrière des trimestres qui n'y figurent pas. Deux catégories de périodes sont concernées : les années d'études supérieures ayant donné lieu à un diplôme, et les années civiles au cours desquelles vous avez validé moins de quatre trimestres, typiquement des débuts de carrière hachés, des petits boulots faiblement rémunérés ou des périodes de travail à l'étranger. Le dispositif est ouvert aux salariés, aux travailleurs indépendants, aux artisans, aux commerçants et aux professions libérales non réglementées, à condition d'être âgé d'au moins vingt ans et de moins de soixante-sept ans, et de ne pas avoir déjà liquidé sa pension de base.
La limite est stricte : douze trimestres au maximum sur l'ensemble de la carrière, soit trois années. C'est peu, mais cela peut suffire à franchir le seuil du taux plein et à éviter une décote qui, elle, s'appliquerait à vie sur votre pension. Attention toutefois : le rachat ne modifie jamais votre âge légal de départ. Il agit uniquement sur le nombre de trimestres validés et sur le taux de liquidation. Racheter des trimestres ne permet donc pas de partir à cinquante-huit ans si vous n'entrez dans aucun dispositif de départ anticipé. Notez également que les conjoints collaborateurs ne peuvent plus bénéficier de ce mécanisme depuis le 1er janvier 2021.
Comment se calcule le prix d'un trimestre en 2026 ?
Trois paramètres déterminent le coût d'un trimestre : votre âge à la date de la demande, la moyenne annuelle de vos revenus d'activité soumis à cotisations sur les trois dernières années civiles, et l'option de rachat retenue. La CNAV a publié le 5 février 2026 la circulaire fixant le barème applicable aux demandes déposées cette année. Le socle actuariel reste celui établi en 2013 : seules les bornes des tranches de revenus évoluent, puisqu'elles sont exprimées en pourcentage du plafond annuel de la Sécurité sociale, fixé à 48 060 euros pour 2026.
Concrètement, la caisse vous classe dans l'une des trois tranches de revenus ci-dessous. Dans les tranches basse et haute, le montant est forfaitaire et ne dépend plus que de votre âge. Dans la tranche intermédiaire, le prix est proportionnel : un pourcentage de votre revenu moyen, qui augmente d'année en âge jusqu'à soixante-deux ans, puis redescend légèrement au-delà.
| Tranche de revenu moyen (3 dernières années) | Bornes 2026 | Mode de calcul |
|---|---|---|
| Inférieur à 75 % du PASS | Moins de 36 045 € | Montant forfaitaire réduit selon l'âge |
| Entre 75 % et 100 % du PASS | De 36 045 € à 48 060 € | Pourcentage du revenu moyen |
| Supérieur au PASS | Plus de 48 060 € | Montant forfaitaire plafonné selon l'âge |
Barème CNAV 2026 : le coût d'un trimestre selon l'âge
Le tableau suivant reprend les valeurs officielles pour quelques âges repères. La progression est très nette : un trimestre coûte environ 1 800 euros à trente-six ans dans la tranche basse, contre près de 3 400 euros à soixante-deux ans, soit presque le double. Le pic est atteint à soixante-deux ans, après quoi le barème décroît mécaniquement puisque l'espérance de service de la pension diminue. Les montants s'entendent par trimestre racheté.
| Âge | Taux seul — revenu sous 36 045 € | Taux seul — tranche 2 | Taux seul — revenu au-dessus de 48 060 € |
|---|---|---|---|
| 25 ans | 1 219 € | 4,39 % | 1 625 € |
| 30 ans | 1 487 € | 5,35 % | 1 983 € |
| 35 ans | 1 771 € | 6,38 % | 2 361 € |
| 40 ans | 2 065 € | 7,43 % | 2 753 € |
| 45 ans | 2 366 € | 8,52 % | 3 154 € |
| 50 ans | 2 672 € | 9,62 % | 3 563 € |
| 55 ans | 2 980 € | 10,73 % | 3 973 € |
| 60 ans | 3 275 € | 11,79 % | 4 367 € |
| 62 ans | 3 383 € | 12,18 % | 4 510 € |
| 64 ans | 3 214 € | 11,57 % | 4 285 € |
| 66 ans | 3 044 € | 10,96 % | 4 059 € |
L'option « taux et durée d'assurance » est nettement plus chère, de l'ordre de 45 à 50 % au-dessus de l'option « taux seul » à âge et revenu identiques. Le tableau ci-dessous en donne la mesure exacte pour les mêmes âges repères.
| Âge | Taux et durée — revenu sous 36 045 € | Taux et durée — tranche 2 | Taux et durée — revenu au-dessus de 48 060 € |
|---|---|---|---|
| 25 ans | 1 806 € | 6,50 % | 2 408 € |
| 30 ans | 2 204 € | 7,93 % | 2 938 € |
| 35 ans | 2 624 € | 9,45 % | 3 499 € |
| 40 ans | 3 060 € | 11,02 % | 4 080 € |
| 45 ans | 3 506 € | 12,62 % | 4 674 € |
| 50 ans | 3 960 € | 14,26 % | 5 279 € |
| 55 ans | 4 416 € | 15,90 % | 5 888 € |
| 60 ans | 4 854 € | 17,48 % | 6 472 € |
| 62 ans | 5 013 € | 18,05 % | 6 684 € |
| 64 ans | 4 762 € | 17,15 % | 6 350 € |
| 66 ans | 4 512 € | 16,70 % | 6 183 € |
Taux seul ou taux et durée : laquelle des deux options choisir ?
Le choix entre les deux options n'est pas une simple question de budget : les deux formules ne produisent pas le même effet sur votre pension. Rappelons que la retraite de base du régime général se calcule en multipliant votre salaire annuel moyen par un taux de liquidation, puis par le rapport entre votre durée d'assurance et la durée requise pour votre génération, soit 172 trimestres pour les assurés nés à partir de 1965. Chaque trimestre manquant applique une décote de 1,25 % sur le taux de 50 %, dans la limite de vingt trimestres.
- Le rachat au titre du taux seul agit uniquement sur le taux de liquidation : il efface la décote, mais votre durée d'assurance reste inchangée, donc le coefficient de proratisation reste incomplet. C'est l'option la moins chère, adaptée à ceux qui ont déjà une longue carrière et à qui il ne manque que quelques trimestres pour le taux plein.
- Le rachat au titre du taux et de la durée d'assurance améliore à la fois le taux et le coefficient de proratisation. Il est plus onéreux, mais son rendement à l'euro investi est supérieur pour les carrières incomplètes, notamment celles marquées par de longues interruptions ou une expatriation.
- Aucune des deux options n'agit sur la retraite complémentaire Agirc-Arrco, où les points s'acquièrent séparément. Le rachat évite toutefois le coefficient de solidarité, ce qui constitue un gain indirect appréciable.
Le rachat de trimestres est-il rentable ?
La rentabilité se mesure par la durée d'amortissement, c'est-à-dire le nombre d'années de pension nécessaires pour récupérer la somme versée. Deux leviers l'améliorent fortement. Le premier est fiscal : les versements pour la retraite sont intégralement déductibles du revenu imposable, sans plafond. Pour un contribuable imposé à 41 %, un rachat de 20 000 euros ne coûte en réalité que 11 800 euros. C'est la raison pour laquelle le rachat est souvent envisagé la même année qu'un revenu exceptionnel, une prime de départ ou une plus-value. Le second levier est le calendrier : plus vous rachetez tôt, moins le trimestre est cher, mais plus le gain reste lointain et incertain.
En pratique, l'amortissement se situe le plus souvent entre douze et dix-huit ans pour un rachat effectué en fin de carrière avec une déduction à 30 %. Le point de bascule dépend donc largement de votre espérance de vie et de la revalorisation annuelle des pensions. À l'inverse, la déductibilité fiscale n'a aucun intérêt si vous n'êtes pas imposable : dans ce cas, le rachat perd la moitié de son attrait, et il vaut souvent mieux comparer avec d'autres solutions comme le plan d'épargne retraite. Pensez également à vérifier vos droits dérivés : le montant de votre pension conditionne notamment le calcul d'une future pension de réversion pour votre conjoint survivant, et l'accès éventuel à l'allocation de solidarité aux personnes âgées si vos ressources restent modestes.
Le cas particulier des années d'études supérieures
Un tarif préférentiel existe pour les diplômés qui s'y prennent tôt. Depuis la réforme de 2023, le rachat des années d'études supérieures à tarif réduit est possible jusqu'à l'âge de quarante ans, et non plus seulement dans les dix ans suivant la fin des études. L'abattement forfaitaire atteint 670 euros par trimestre en 2026, dans la limite de quatre trimestres. Les périodes de stage en entreprise bénéficient d'un traitement encore plus favorable, avec un forfait de 481 euros par trimestre quel que soit l'âge, sous réserve que la demande soit déposée dans les deux ans suivant la fin du stage. Vous pouvez racheter jusqu'à quatre trimestres par année d'études validée par un diplôme, toujours dans le plafond global de douze trimestres.
La demande s'effectue auprès de votre caisse de retraite de base, en ligne depuis votre espace personnel ou par formulaire papier. La caisse vous adresse une évaluation chiffrée précisant le coût par option ; vous disposez alors de trois mois pour accepter, et le paiement peut être échelonné jusqu'à cinq ans lorsque le rachat porte sur plus de deux trimestres. Une fois la somme versée et les trimestres inscrits, la décision est définitive : il n'existe pas de droit de rétractation après le premier versement, sauf cas très limités comme le décès ou l'attribution d'une pension d'invalidité.
Questions fréquentes
Combien de trimestres peut-on racheter au maximum ?
Douze trimestres au total sur l'ensemble de la carrière, soit trois années, toutes causes confondues (études supérieures et années incomplètes). Cette limite s'applique par régime de base concerné.
Le rachat de trimestres permet-il de partir plus tôt ?
Il ne modifie pas l'âge légal de départ, fixé progressivement à 64 ans. En revanche, il permet d'atteindre plus vite la durée d'assurance requise et donc de partir au taux plein dès l'âge légal, sans subir de décote.
Le versement est-il déductible des impôts ?
Oui, intégralement et sans plafond, au titre des cotisations de retraite obligatoire. La déduction s'impute sur le revenu de l'année du versement, ce qui rend l'opération particulièrement intéressante dans les tranches à 30 %, 41 % ou 45 %.
Peut-on payer le rachat en plusieurs fois ?
Oui. Au-delà de deux trimestres rachetés, l'échelonnement est possible sur un à cinq ans selon le nombre de trimestres, avec une majoration correspondant à la revalorisation annuelle des pensions.
Vaut-il mieux racheter des trimestres ou alimenter un PER ?
Les deux dispositifs sont déductibles, mais le rachat sécurise une rente viagère revalorisée alors que le plan d'épargne retraite offre un capital transmissible et une gestion libre. Le rachat est plus pertinent lorsque quelques trimestres manquent pour le taux plein ; le PER prend l'avantage lorsque la carrière est déjà complète.
Le barème 2026 est-il vraiment plus cher qu'en 2025 ?
Les coefficients actuariels sont inchangés depuis 2013, mais les bornes des tranches suivent le plafond de la Sécurité sociale, qui progresse chaque année. Les montants forfaitaires augmentent donc mécaniquement d'une année sur l'autre.

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