Enfant reconnu handicapé par la MDPH ? L’AEEH et ses compléments peuvent représenter plusieurs centaines d’euros par mois. Estimez votre montant avec l’outil ci-dessous.
Qu’est-ce que l’AEEH et qui peut en bénéficier ?
L’allocation d’éducation de l’enfant handicapé (AEEH) est une prestation familiale versée par la CAF ou la MSA aux parents d’un enfant en situation de handicap, quelles que soient leurs ressources. Elle compense les frais d’éducation et de soins liés au handicap, ainsi que la réduction ou la cessation d’activité professionnelle qu’il peut entraîner pour un parent. L’AEEH est attribuée par la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH), après un dossier déposé à la maison départementale des personnes handicapées (MDPH). Elle concerne les enfants de moins de 20 ans, résidant en France, dont le taux d’incapacité permanente est d’au moins 80 %, ou compris entre 50 % et 79 % lorsque l’enfant fréquente un établissement spécialisé ou nécessite un accompagnement particulier reconnu par la CDAPH.
L’allocation se compose d’un montant de base, versé à tous les bénéficiaires, auquel peut s’ajouter un complément si le handicap engendre des dépenses supplémentaires, le recours à une tierce personne rémunérée, ou une réduction ou un arrêt d’activité professionnelle d’un parent. Ce complément est classé en six catégories, du plus faible coût du handicap (catégorie 1) au plus lourd (catégorie 6), déterminées par l’équipe pluridisciplinaire de la MDPH à partir du dossier médical et social de l’enfant.
Le montant de l’AEEH et de ses compléments en 2026
Depuis le 1er avril 2026, l’allocation de base s’élève à 153,01 € par mois. Le complément, lorsqu’il est accordé, s’ajoute à ce montant de base selon la catégorie retenue par la CDAPH. Le tableau ci-dessous détaille le montant du complément seul et le total mensuel perçu (base incluse) pour chacune des six catégories.
| Catégorie | Montant du complément | Total mensuel (base + complément) |
|---|---|---|
| Base seule | — | 153,01 € |
| Catégorie 1 | 114,76 € | 267,77 € |
| Catégorie 2 | 310,80 € | 463,81 € |
| Catégorie 3 | 439,91 € | 592,92 € |
| Catégorie 4 | 681,71 € | 834,72 € |
| Catégorie 5 | 871,26 € | 1 024,27 € |
| Catégorie 6 | 1 298,44 € | 1 451,45 € |
Plus la catégorie est élevée, plus le coût du handicap est jugé important par l’équipe de la MDPH, que ce soit en dépenses engagées, en heures d’aide humaine nécessaires ou en perte de revenus professionnels du foyer.
La majoration pour parent isolé
Un parent isolé qui élève seul un enfant bénéficiaire d’un complément de catégorie 2 à 6, et qui doit cesser ou réduire son activité professionnelle ou recourir à une tierce personne rémunérée pour s’occuper de l’enfant, perçoit une majoration spécifique. Cette majoration s’ajoute au complément et vient compenser l’absence d’un second parent pour partager la charge liée au handicap. Elle ne s’applique pas à la catégorie 1, jugée insuffisante pour justifier une réduction d’activité.
| Catégorie de complément | Majoration parent isolé |
|---|---|
| Catégorie 1 | Non applicable |
| Catégorie 2 | 62,16 € |
| Catégorie 3 | 86,07 € |
| Catégorie 4 | 272,55 € |
| Catégorie 5 | 349,06 € |
| Catégorie 6 | 511,63 € |
Comment votre catégorie de complément est-elle déterminée ?
La catégorie n’est pas choisie par la famille : elle résulte de l’évaluation réalisée par l’équipe pluridisciplinaire de la MDPH, à partir du certificat médical, du projet personnalisé de scolarisation le cas échéant, et d’un questionnaire détaillant les dépenses et le retentissement du handicap sur la vie quotidienne et professionnelle des parents. Trois éléments principaux entrent en jeu.
- Les dépenses supplémentaires directement liées au handicap : matériel spécialisé, transport adapté, soins non pris en charge, accompagnement scolaire.
- Le recours à une tierce personne rémunérée pour assister l’enfant, en dehors des heures de classe.
- La cessation ou la réduction d’activité professionnelle d’un des parents, totale ou partielle, pour s’occuper de l’enfant.
La décision est notifiée par la CDAPH pour une durée déterminée, généralement de un à cinq ans selon l’évolution prévisible du handicap, et doit être renouvelée avant son échéance pour éviter toute interruption de versement.
Un exemple concret de calcul
Prenons le cas d’une mère élevant seule son fils de 9 ans, reconnu par la CDAPH avec un complément de catégorie 3 parce qu’elle a dû réduire son temps de travail pour l’accompagner à ses rendez-vous de rééducation. En tant que parent isolé remplissant les conditions, elle perçoit l’allocation de base de 153,01 €, le complément de catégorie 3 de 439,91 €, ainsi que la majoration parent isolé de 86,07 €, soit un total de 679 € par mois environ. Un couple dans la même situation, sans majoration puisqu’ils sont deux à se répartir l’accompagnement, percevrait 592,92 € pour la même catégorie de complément. Cet écart illustre pourquoi la majoration existe : elle compense l’absence d’un second parent pour partager la charge organisationnelle et financière du handicap.
Cumul avec d’autres aides et fiscalité
L’AEEH et ses compléments sont non imposables et n’entrent pas dans le revenu fiscal de référence. Elle est cumulable avec la prestation de compensation du handicap (PCH) uniquement pour l’élément aide humaine, sur option de la famille et sous certaines conditions, mais pas avec l’allocation aux adultes handicapés (AAH) tant que l’enfant reste rattaché au foyer fiscal des parents. Elle peut en revanche se cumuler avec les allocations familiales de droit commun, le complément familial ou la majoration pour âge, dès lors que les conditions générales de chacune de ces prestations sont remplies.
Pour les situations proches, comme un adulte reconnu handicapé après ses 20 ans ou une perte d’autonomie liée à l’âge, d’autres dispositifs prennent le relais : la simulation d’AAH pour les majeurs, ou celle de la simulation d’APA à domicile pour les personnes âgées dépendantes.
Questions fréquentes
Qui verse l’AEEH, la CAF ou la MDPH ?
La MDPH instruit le dossier et la CDAPH décide du droit et de la catégorie de complément. Le versement mensuel est ensuite effectué par la CAF, ou par la MSA pour les familles relevant du régime agricole.
L’AEEH est-elle soumise à condition de ressources ?
Non, l’allocation de base et ses compléments sont versés sans condition de ressources des parents. Seul le taux d’incapacité de l’enfant, évalué par la CDAPH, détermine le droit et le niveau de complément.
Peut-on cumuler l’AEEH avec la PCH ?
Le cumul est possible uniquement pour l’élément aide humaine de la PCH, sur option exercée par la famille au moment de la demande. Ce choix, souvent complexe, mérite d’être étudié avec l’équipe de la MDPH en fonction des besoins précis de l’enfant.
Que se passe-t-il quand l’enfant atteint 20 ans ?
Le versement de l’AEEH cesse au 20e anniversaire. Selon sa situation, le jeune adulte peut alors demander l’allocation aux adultes handicapés, sous réserve de remplir les conditions de taux d’incapacité et de ressources propres à cette prestation.
Comment faire une demande d’AEEH ?
La demande se fait via le formulaire Cerfa de demande MDPH, accompagné d’un certificat médical de moins de douze mois et d’un dossier détaillant le retentissement du handicap sur la vie quotidienne, scolaire et professionnelle de la famille. Le dossier peut être déposé en ligne ou en version papier auprès de la MDPH du département de résidence.

Baptiste conçoit et rédige les outils et contenus publiés sur un-calcul.fr. Sa démarche repose sur la clarté et la précision : chaque calculatrice est pensée pour fournir un résultat fiable, compréhensible et directement utilisable par tous.
