Calculatrice CSG-CRDS 2026 : taux, assiette et montant prélevé

Sur chaque bulletin de paie, la CSG et la CRDS grignotent près de 10 % du brut. Estimez en un clic le montant exact prélevé sur votre salaire, votre pension ou vos placements avec la calculatrice ci-dessous.

Calculatrice CSG-CRDS 2026

Total CSG + CRDS prélevé
0,00 €
par mois
Assiette0
Taux effectif0 %
CSG déductible0
CSG non déductible0
CRDS0
Autre prélèvement0
Restant après CSG-CRDS0
Économie d’IR estimée0
—

Estimation indicative basée sur les taux 2026 : abattement d’assiette de 1,75 % sur les revenus d’activité et de remplacement dans la limite de 4 plafonds annuels (188 400 €), CASA de 0,3 % sur les pensions aux taux 6,6 % et 8,3 %, prélèvement de solidarité de 7,5 % sur les revenus du capital. L’économie d’impôt est calculée avec une tranche marginale de 30 % à titre d’illustration.

CSG et CRDS : deux prélèvements sociaux à ne pas confondre

La contribution sociale généralisée (CSG) a été créée en 1991 pour financer la protection sociale au sens large : assurance maladie, prestations familiales, Fonds de solidarité vieillesse. Sa particularité est d’être assise sur l’ensemble des revenus, et non sur les seuls salaires, ce qui la distingue des cotisations sociales classiques. La contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS), instaurée en 1996, poursuit un objectif beaucoup plus étroit : rembourser le déficit accumulé par la Sécurité sociale, géré par la CADES. Elle est prélevée au taux uniforme de 0,50 % sur presque tous les revenus, sans exception de taux. Les deux contributions apparaissent côte à côte sur le bulletin de paie et sont souvent additionnées sous l’appellation « CSG-CRDS », mais elles obéissent à des règles de déductibilité fiscale radicalement différentes.

Contrairement aux cotisations vieillesse ou chômage, la CSG et la CRDS n’ouvrent aucun droit personnel : payer davantage de CSG n’augmente ni votre pension future ni vos indemnités. Ce sont des impôts au sens strict, ce que le Conseil constitutionnel a d’ailleurs confirmé en les classant parmi les impositions de toutes natures. C’est aussi la raison pour laquelle leur assiette est aussi large : salaires, primes, pensions de retraite, allocations chômage, indemnités journalières, revenus fonciers, dividendes, intérêts, plus-values mobilières et immobilières y sont tous soumis, chacun avec son propre barème.

Comment se calcule l’assiette de la CSG-CRDS sur un salaire

Sur les revenus d’activité, la CSG et la CRDS ne s’appliquent pas au salaire brut entier. Un abattement forfaitaire de 1,75 % est appliqué pour représenter les frais professionnels, ce qui ramène l’assiette à 98,25 % du brut. Concrètement, un salarié rémunéré 2 500 € brut par mois voit la CSG-CRDS calculée sur 2 456,25 €, et non sur 2 500 €. Cet abattement n’est toutefois pas illimité : il ne joue que dans la limite de quatre plafonds annuels de la Sécurité sociale, soit 188 400 € en 2026 pour un plafond annuel fixé à 47 100 €. Au-delà de ce seuil, la contribution porte sur 100 % de la rémunération.

Un point technique est souvent négligé : l’assiette de la CSG-CRDS inclut des éléments qui échappent aux cotisations classiques. Il faut y ajouter les contributions patronales de prévoyance et de retraite supplémentaire, l’intéressement, la participation, l’abondement de l’employeur sur un plan d’épargne salariale, ainsi que la part de l’indemnité de rupture excédant les limites d’exonération. À l’inverse, l’abattement de 1,75 % ne s’applique jamais à ces sommes : elles sont soumises à la CSG-CRDS sur 100 % de leur montant. Cette mécanique explique que le taux effectif observé sur une fiche de paie soit rarement exactement de 9,53 %.

Les taux de CSG-CRDS 2026 par type de revenu

Le taux global varie fortement selon la nature du revenu. Sur un salaire, le prélèvement atteint 9,70 % (9,20 % de CSG et 0,50 % de CRDS) appliqués sur 98,25 % du brut, soit un taux réel de 9,53 %. Sur les revenus du capital, l’addition grimpe à 17,20 % : 9,20 % de CSG, 0,50 % de CRDS et 7,50 % de prélèvement de solidarité, le tout sur 100 % du revenu. Les revenus de remplacement bénéficient de taux allégés, avec des mécanismes d’exonération liés au niveau de ressources du foyer.

Type de revenuCSGCRDSAutreTotalAssiette
Salaires et revenus d’activité9,20 %0,50 %—9,70 %98,25 % du brut
Revenus des indépendants9,20 %0,50 %—9,70 %100 % du revenu
Allocations chômage6,20 %0,50 %—6,70 %98,25 % de l’allocation
Indemnités journalières maladie6,20 %0,50 %—6,70 %100 % des IJSS
Pensions de retraite (taux normal)8,30 %0,50 %0,30 % CASA9,10 %100 % de la pension
Pensions d’invalidité8,30 %0,50 %—8,80 %100 % de la pension
Revenus du capital9,20 %0,50 %7,50 % solidarité17,20 %100 % du revenu

Une règle protectrice existe pour les revenus de remplacement : le prélèvement de CSG-CRDS ne peut jamais avoir pour effet de faire passer l’allocation ou l’indemnité journalière nette sous le montant du SMIC brut correspondant à la période. Lorsque ce plancher est atteint, la contribution est réduite, voire annulée. Ce mécanisme d’écrêtement concerne surtout les allocataires de Pôle emploi devenu France Travail et les assurés en arrêt maladie de longue durée avec des salaires de référence modestes.

CSG sur les retraites : le barème 2026 selon le revenu fiscal de référence

Les retraités ne paient pas tous le même taux. Quatre situations coexistent : l’exonération totale, le taux réduit de 3,80 %, le taux médian de 6,60 % et le taux normal de 8,30 %. Le taux applicable en 2026 est déterminé par le revenu fiscal de référence (RFR) figurant sur l’avis d’imposition 2025, c’est-à-dire celui portant sur les revenus de 2024. Les seuils ont été revalorisés de 1,8 % au 1er janvier 2026, ce qui fait mécaniquement basculer certains retraités vers un taux plus favorable sans qu’ils aient à effectuer la moindre démarche.

Revenu fiscal de référence 2024 (1 part, métropole)Taux de CSGCRDSCASAPrélèvement total
Jusqu’à 13 048 €Exonération0 %0 %0 %
De 13 048 € à 17 057 €3,80 %0,50 %0 %4,30 %
De 17 057 € à 26 433 €6,60 %0,50 %0,30 %7,40 %
Au-delà de 26 433 €8,30 %0,50 %0,30 %9,10 %

Ces seuils valent pour une part fiscale. Chaque demi-part supplémentaire les relève selon des majorations spécifiques à chaque tranche, ce qui permet à un couple de deux retraités de bénéficier d’un plafond nettement plus élevé qu’une personne seule. Un couple imposé sur deux parts échappe ainsi à toute CSG jusqu’à 20 016 € de revenu fiscal de référence, contre 13 048 € pour un célibataire.

Seuil concerné1 partMajoration par demi-part2 parts
Exonération totale13 048 €+ 3 484 €20 016 €
Taux réduit 3,80 %17 057 €+ 4 555 €26 167 €
Taux médian 6,60 %26 433 €+ 7 066 €40 565 €

Un dispositif de lissage protège les retraités dont les revenus fluctuent : le passage du taux réduit vers le taux médian ou le taux normal n’intervient que si le revenu fiscal de référence dépasse le seuil deux années consécutives. Une année exceptionnelle, liée par exemple à la vente d’un bien ou au versement d’un capital, ne fait donc pas basculer durablement vers un taux plus élevé. En revanche, la baisse de taux s’applique immédiatement dès la première année où le RFR repasse sous le seuil.

CSG déductible : l’impact réel sur votre impôt sur le revenu

Toute la CSG n’est pas traitée de la même manière au regard de l’impôt. Une fraction est déductible du revenu imposable de l’année de son versement, ce qui réduit la base sur laquelle le barème progressif s’applique. Sur un salaire, 6,80 points sur les 9,20 points de CSG sont déductibles ; les 2,40 points restants et la CRDS ne le sont jamais. Pour un contribuable dont la tranche marginale est de 30 %, cette déduction représente une économie d’impôt d’environ 2 % du salaire brut, ce qui n’est pas négligeable sur une année complète. La déduction est appliquée automatiquement par l’administration : le montant prérempli sur la déclaration est déjà net de CSG déductible.

  • Salaires et revenus d’activité : 6,80 % déductibles sur 9,20 % de CSG.
  • Pensions au taux normal de 8,30 % : 5,90 % déductibles.
  • Pensions au taux médian de 6,60 % : 4,20 % déductibles.
  • Pensions au taux réduit de 3,80 % : intégralement déductibles.
  • Allocations chômage au taux de 6,20 % : 3,80 % déductibles.
  • Revenus du capital imposés au barème : 6,80 % déductibles ; aucune déduction en cas d’option pour le prélèvement forfaitaire unique.

Cette dernière ligne mérite attention pour les épargnants. Lorsque les dividendes ou les plus-values sont soumis au prélèvement forfaitaire unique de 30 %, la CSG perd toute déductibilité : les 17,20 % de prélèvements sociaux sont définitivement acquis au Trésor. En optant pour l’imposition au barème progressif, l’épargnant récupère la déductibilité de 6,80 points, mais soumet ses revenus à sa tranche marginale. L’arbitrage dépend donc du taux marginal : au-delà de 30 %, la flat tax reste presque toujours gagnante.

Trois exemples chiffrés pour situer votre situation

Rien ne vaut des cas concrets pour mesurer le poids réel de ces contributions. Les montants ci-dessous sont calculés avec les taux 2026 et arrondis à l’euro. Ils montrent que le prélèvement, apparemment modeste en pourcentage, représente sur une année complète l’équivalent de plus d’un mois de salaire pour un actif.

SituationRevenu brut annuelAssietteCSG-CRDS annuelleTaux effectif
Salarié à 2 000 € brut/mois24 000 €23 580 €2 287 €9,53 %
Salarié à 3 500 € brut/mois42 000 €41 265 €4 003 €9,53 %
Retraité au taux normal, 1 800 €/mois21 600 €21 600 €1 901 €8,80 %
Retraité au taux réduit, 1 300 €/mois15 600 €15 600 €671 €4,30 %
Dividendes de 10 000 € (PFU)10 000 €10 000 €970 €9,70 %

Pour le retraité au taux normal, les 1 901 € comprennent la CASA de 0,30 %, soit 65 € par an, destinée au financement de l’autonomie. Pour les dividendes, les 970 € affichés correspondent à la seule CSG-CRDS : il faut y ajouter 750 € de prélèvement de solidarité pour atteindre les 1 720 € de prélèvements sociaux, puis 1 280 € d’impôt forfaitaire pour arriver aux 30 % de la flat tax. Si vous souhaitez enchaîner sur le calcul de votre impôt, notre simulateur d’impôt sur le revenu 2026 intègre déjà la déduction de la CSG, et notre calculatrice de taux de prélèvement à la source vous indique le taux appliqué chaque mois sur votre bulletin.

Questions fréquentes

Pourquoi ma CSG a-t-elle augmenté cette année ?

Pour un retraité, le taux dépend du revenu fiscal de référence d’il y a deux ans. Une hausse de revenus en 2024, même ponctuelle, peut faire franchir un seuil et déclencher le passage du taux réduit au taux médian, ou du médian au normal. Pour un salarié, le taux ne change pas : c’est l’assiette qui augmente en cas de prime, d’intéressement ou de revalorisation salariale.

La CSG est-elle prélevée sur le SMIC ?

Oui, sans exception. Contrairement aux revenus de remplacement, les salaires ne bénéficient d’aucun seuil d’exonération : un salarié au SMIC acquitte la CSG-CRDS au taux plein de 9,70 % sur 98,25 % de son brut. L’allègement de charges dont bénéficient les bas salaires porte sur les cotisations patronales, pas sur la CSG salariale.

Comment savoir quel taux de CSG s’applique à ma pension ?

Votre caisse de retraite vous adresse chaque année une notification indiquant le taux retenu. Vous pouvez le vérifier vous-même en comparant le revenu fiscal de référence de votre avis d’imposition le plus récent aux seuils du tableau ci-dessus, en tenant compte de votre nombre de parts. En cas d’erreur manifeste, il faut saisir directement la caisse avec une copie de l’avis d’imposition.

Les revenus fonciers supportent-ils la CSG ?

Oui, au taux global de 17,20 % applicable aux revenus du patrimoine. Ils sont recouvrés par l’administration fiscale en même temps que l’impôt sur le revenu, avec un système d’acomptes. La CSG déductible de 6,80 % vient réduire le revenu imposable de l’année suivante, ce qui adoucit légèrement la facture pour les bailleurs imposés au régime réel.

Un non-résident paie-t-il la CSG-CRDS ?

Les personnes affiliées à un régime de sécurité sociale d’un autre État de l’Union européenne, de l’Espace économique européen ou de la Suisse sont exonérées de CSG et de CRDS sur leurs revenus du patrimoine de source française. Elles restent toutefois redevables du prélèvement de solidarité de 7,50 %. Les non-résidents affiliés hors de cette zone supportent en revanche l’intégralité des 17,20 %.

La CRDS va-t-elle disparaître ?

Sa suppression était initialement prévue pour l’extinction de la dette sociale, plusieurs fois repoussée. Les reprises de dette successives, notamment celles liées à la crise sanitaire, ont prolongé l’horizon de la CADES au-delà de 2033. Aucune date de fin n’est donc aujourd’hui garantie, et le taux de 0,50 % reste inchangé depuis sa création.

Retour en haut