Calculatrice de solde de tout compte 2026 : ce que votre employeur vous doit

Dernier bulletin, congés non pris, préavis, indemnité de départ : le solde de tout compte mélange tout. Utilisez la calculatrice ci-dessous pour estimer en quelques secondes ce que votre employeur vous doit réellement.

Calculatrice de solde de tout compte

Solde de tout compte net estimé

0,00 €

Total brut : 0,00 €

Salaire du dernier mois0,00 €
Indemnité de congés payés0,00 €
Indemnité de préavis0,00 €
Indemnité de rupture0,00 €

Estimation indicative basée sur les minima légaux 2026 et un taux moyen de cotisations salariales de 22 %. Votre convention collective peut prévoir des montants supérieurs.

Qu'est-ce que le solde de tout compte exactement ?

Le solde de tout compte est le versement final que l'employeur effectue lorsque le contrat de travail prend fin, quel que soit le motif de la rupture : licenciement, démission, rupture conventionnelle, fin de CDD ou départ à la retraite. Il ne s'agit pas d'une prime supplémentaire mais d'une addition : tout ce qui restait dû au salarié à la date de sortie est regroupé sur un dernier bulletin de paie. Ce document s'accompagne d'un reçu pour solde de tout compte, que le salarié n'est jamais obligé de signer immédiatement. L'employeur doit également remettre le certificat de travail et l'attestation destinée à France Travail, sous peine de retarder l'ouverture des droits au chômage. Le versement intervient en principe le jour de la fin effective du contrat, c'est-à-dire au terme du préavis lorsque celui-ci est exécuté, et non à la date de notification du licenciement ou de la démission.

Les quatre composantes à additionner

Un solde de tout compte se décompose presque toujours de la même façon. On trouve d'abord le salaire du dernier mois travaillé, proratisé si la sortie intervient en cours de mois, augmenté des heures supplémentaires et des primes acquises mais non encore versées. Vient ensuite l'indemnité compensatrice de congés payés, qui solde les jours acquis et non pris. La troisième ligne est l'indemnité compensatrice de préavis, due uniquement lorsque l'employeur dispense le salarié d'exécuter son préavis. Enfin, selon le motif de rupture, s'ajoute une indemnité de rupture : indemnité légale de licenciement, indemnité spécifique de rupture conventionnelle ou prime de précarité en fin de CDD. Les sommes issues de l'épargne salariale, comme l'intéressement ou la participation, suivent un circuit distinct et n'apparaissent pas forcément sur ce bulletin.

ComposanteQui y a droit ?Soumise à cotisations ?
Salaire du dernier mois (prorata)Tous les salariésOui
Indemnité compensatrice de congés payésTous, y compris après une faute graveOui
Indemnité compensatrice de préavisSalarié dispensé par l'employeurOui
Indemnité légale de licenciementLicenciement hors faute grave ou lourdeNon, dans les limites légales
Prime de précarité (10 %)Fin de CDD non suivie d'un CDIOui
Contrepartie de clause de non-concurrenceSi le contrat en prévoit uneOui

Indemnité de congés payés : deux méthodes, la plus favorable gagne

C'est la ligne la plus souvent sous-évaluée. Le Code du travail impose de comparer deux méthodes de calcul et de retenir celle qui avantage le salarié. La première, dite du maintien de salaire, divise le salaire mensuel brut par le nombre de jours ouvrables habituels du mois, soit environ 26, puis multiplie par le nombre de jours restants. La seconde, la règle du dixième, prend la rémunération brute totale perçue pendant la période de référence (du 1er juin au 31 mai) et en retient un dixième pour un droit complet de 30 jours ouvrables, proratisé ensuite au nombre de jours non pris. La règle du dixième devient nettement plus avantageuse dès que le salarié a touché des primes, des heures supplémentaires ou un treizième mois pendant l'année, car ces éléments entrent dans l'assiette. Notre outil applique automatiquement la comparaison et affiche la méthode retenue dans l'encadré formule. Si vous voulez détailler vos droits acquis avant même la rupture, notre calculatrice de congés payés reconstitue le compteur mois par mois.

L'indemnité compensatrice de préavis

Le préavis n'est indemnisé que dans un cas précis : lorsque c'est l'employeur qui dispense le salarié de l'effectuer. Si le salarié travaille son préavis, il est payé normalement dans son salaire mensuel ; s'il demande lui-même à partir plus tôt et que l'employeur accepte, aucune indemnité n'est due. En cas de licenciement, la durée minimale dépend de l'ancienneté, mais la convention collective peut prévoir mieux, notamment pour les cadres où trois mois constituent la norme. L'indemnité correspond à la rémunération brute que le salarié aurait perçue s'il avait travaillé, primes habituelles comprises, et elle est soumise aux cotisations sociales comme un salaire classique.

AnciennetéPréavis de licenciementMontant pour 2 400 € brut
Moins de 6 moisSelon convention ou usageVariable
De 6 mois à moins de 2 ans1 mois2 400 €
2 ans et plus2 mois4 800 €
Cadre (usage fréquent)3 mois7 200 €

L'indemnité de rupture selon le motif

Le montant varie fortement selon la manière dont le contrat se termine. En cas de licenciement pour motif personnel ou économique, l'indemnité légale est due dès huit mois d'ancienneté ininterrompue : elle vaut un quart de mois de salaire par année pour les dix premières années, puis un tiers de mois par année au-delà. Le salaire de référence retenu est le plus favorable entre la moyenne des douze derniers mois et celle des trois derniers mois, les primes exceptionnelles étant proratisées. La rupture conventionnelle ouvre droit à une indemnité spécifique qui ne peut pas être inférieure à ce minimum légal, et qui se négocie souvent au-dessus. La fin de CDD déclenche en revanche une prime de précarité égale à 10 % de la rémunération brute totale versée pendant tout le contrat, sauf si le salarié refuse un CDI à l'issue de sa mission ou s'il s'agit d'un contrat saisonnier ou étudiant. La démission, enfin, n'ouvre droit à aucune indemnité de rupture.

  • Licenciement pour faute grave : ni indemnité de licenciement, ni préavis, mais les congés payés restent dus.
  • Licenciement pour faute lourde : mêmes conséquences, l'employeur devant prouver l'intention de nuire.
  • Départ volontaire à la retraite : indemnité spécifique, généralement moins élevée que l'indemnité de licenciement.
  • Rupture conventionnelle : indemnité au moins égale au minimum légal de licenciement.
  • CDD à terme : prime de précarité de 10 %, sauf exceptions légales.

Pour affiner le calcul du barème d'ancienneté ou vérifier un montant proposé par votre employeur, appuyez-vous sur notre calculatrice d'indemnités de licenciement 2026. Les salariés en fin de contrat court trouveront le détail des exclusions dans notre calculatrice de prime de précarité.

Du brut au net : ce qui est cotisé et ce qui ne l'est pas

Toutes les lignes du solde de tout compte ne subissent pas le même traitement social et fiscal. Le salaire, l'indemnité de préavis, l'indemnité de congés payés et la prime de précarité sont des rémunérations ordinaires : elles supportent l'intégralité des cotisations salariales, soit environ 22 % pour un non-cadre, et entrent dans le revenu imposable soumis au prélèvement à la source. L'indemnité de licenciement bénéficie au contraire d'un régime de faveur : elle est exonérée d'impôt sur le revenu et de cotisations dans la limite du montant légal ou conventionnel. Les plafonds de référence s'appuient sur le plafond annuel de la Sécurité sociale, fixé à 48 060 € en 2026 (4 005 € par mois) : l'exonération de cotisations cesse au-delà de deux fois ce plafond, et la CSG-CRDS s'applique sur la fraction excédant le montant légal. Notre calculatrice applique un taux moyen de 22 % sur la partie soumise et laisse intacte la partie exonérée, ce qui donne une estimation réaliste mais non contractuelle.

Reçu pour solde de tout compte : signer ou attendre ?

Le reçu pour solde de tout compte est un document distinct du bulletin de paie, établi en deux exemplaires, qui inventorie les sommes versées. Sa signature n'est pas obligatoire et ne conditionne pas le paiement : refuser de signer n'autorise jamais l'employeur à retenir les fonds. En revanche, la signature sans réserve a un effet juridique lourd, puisqu'elle réduit à six mois le délai pour contester les sommes qui y figurent. Sans signature, ou avec la mention manuscrite « sous réserve de mes droits », le salarié conserve un délai de trois ans pour réclamer un rappel de salaire devant le conseil de prud'hommes. La prudence consiste donc à vérifier chaque ligne avant de signer, en comparant avec une estimation indépendante comme celle produite par l'outil ci-dessus, puis à formuler une réclamation écrite en cas d'écart.

Questions fréquentes

Quand le solde de tout compte doit-il être versé ?

Le jour de la fin effective du contrat, c'est-à-dire au dernier jour du préavis lorsqu'il est exécuté. Un retard de quelques jours lié au cycle de paie est toléré en pratique, mais un retard prolongé peut donner lieu à des dommages et intérêts.

Ai-je droit à mes congés payés après une faute grave ?

Oui. La faute grave prive le salarié de l'indemnité de licenciement et du préavis, mais l'indemnité compensatrice de congés payés reste due intégralement pour les jours acquis et non pris.

Puis-je contester après avoir signé le reçu ?

Oui, mais seulement pendant six mois à compter de la signature, et uniquement pour les sommes listées sur le reçu. Les créances non mentionnées restent contestables pendant trois ans.

La démission donne-t-elle droit à un solde de tout compte ?

Oui, mais il se limite au salaire du dernier mois et aux congés payés non pris. Aucune indemnité de rupture n'est versée, et le préavis non effectué à la demande du salarié n'est pas indemnisé.

Les primes annuelles sont-elles incluses ?

Les primes dont le versement est prévu par le contrat ou la convention collective sont dues au prorata du temps de présence, sauf clause de présence valide. Les primes purement discrétionnaires ne sont pas automatiquement acquises.

L'employeur peut-il retenir une somme sur mon solde ?

Il peut déduire un matériel non restitué ou un trop-perçu, dans la limite de la quotité saisissable et avec justification écrite. Une retenue forfaitaire non justifiée est irrégulière et peut être contestée devant le conseil de prud'hommes.

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